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Une journaliste tibétaine a été arrêtée et a disparu Jeudi 17 Avril 2008
Combien de crimes, de disparitions, d'horreurs faudra-t-il que les officiels chinois commettent pour que le monde dise "assez". Non seulement les sportifs français n'auront pas le droit de porter un badge sur lequel était inscrit l'un des vœux du comité olympique, mais chaque jour apporte son lot de témoignagnes quant la répression qui sévit dans tout le pays.
Les dissidents expliquent eux-mêmes que le fait d'avoir accordé à la Chine le droit d'organiser les Jeux n'a fait qu'aggraver la répression. Aujourd'hui, c'est une campagne semi officielle de boycott contre la France qui est lancée en Chine avec à la clef l'applatissement de nos patrons comme le démontre la lamentable déclaration de M. Pinaud à l'annonce du boycott de Carrefour.
Le 19 avril 1943 commençait en Pologne l'héroïque soulèvement du ghetto de Varsovie. Alors oui je sais, on en revient toujours à ce point. Oui car il est le sommet de l'horreur humaine. Que faudra-t-il dévoiler de la répression chinoise pour que les gouvernants de l'ONU dise enfin "assez"?
Un article du Nouvel Obs signé Ursula Gauthier.
Jamyang Kyi a été arrêtée le 1er avril et a disparu depuis le 7 avril, d'après son mari Lhamo Kyab, lui-même un intellectuel tibétain de renom. On ne sait pas quelles charges sont retenues contre elle, et on ignore son lieu et ses conditions de détention ; il y a toutefois de fortes raisons de craindre qu'elle soit torturée.
Présentatrice à Qinghai Télévision depuis vingt ans, Jamyang Kyi est aussi une chanteuse populaire au Tibet depuis la sortie de son premier album en 1997, "Message du coeur". Elle a deux filles : l'aînée, 17 ans, est scolarisée à Pékin et la cadette, 5 ans, vit à Xining (Qinghai).
Née en 1965 en Amdo, province traditionnelle du nord-est tibétain maintenant incorporée à la province chinoise du Qinghai, Jamyang Kyi est issue d'une famille rurale de la préfecture autonome tibétaine de Tsolho (chinois : Hainan). Elle n'avait encore jamais eu maille à partir avec la police. Mais, d'après Radio Free Asia, les services de sécurité chinois ont interrogé ces dernières semaines des Tibétains qui se sont déjà rendus à l'étranger. Or, Jamyang Kyi avait été invitée en mars 2006 à New York, où elle avait chanté dans le cadre de concerts de musique tibétaine, en compagnie de chanteurs tibétains exilés, motif qui peut avoir contribué à son arrestation.
Une des premières bloggeuses de langue tibétaine
Outre ses activités de chanteuse (elle a enregistré plusieurs albums et DVD depuis le début des années 1990, dont "Karma" et "Amant lointain"), elle avait entrepris depuis 2005 de composer de courts essais sur le sort des femmes tibétaines, issus de son expérience de journaliste et de son histoire personnelle. Plusieurs de ses textes ont été publiés dans "Les Nouvelles du Qinghai" en tibétain, occasionnant de nombreux coups de fil et de lettres à la rédaction du journal. En effet, elle abordait dans ses écrits des problématiques controversées : les mariages forcés, les unions inter-ethniques, notamment entre Tibétaines et musulmans, l'éducation des enfants tibétains dans les villes chinoises, mais aussi le sort de femmes en général. Sa découverte des Etats-Unis lui avait inspiré plusieurs textes sur la protection de la culture et sur l'égalité entre hommes et femmes, textes publiés ensuite sur son blog. C'est une des premières blogueuses de langue tibétaine. Récemment, ses écrits ont été rassemblés dans un livre en tibétain qui devait paraître l'an dernier aux Editions des nationalités du Gansu, "Heurs et malheurs des femmes – Neige et pluie mêlées" et qui regroupe une quarantaine de courts textes qui, tous, abordent les deux thèmes qui lui tiennent le plus à cœur : le sort des femmes (elle a lu "Le Deuxième Sexe" dans sa traduction chinoise) et la préservation de la culture tibétaine.