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Tibet: un massacre se prépare  Jeudi 20 Mars 2008


Les convois militaires chinois se dirigeaient vers le Tibet, jeudi 20 mars, alors que la présence accrue de soldats chinois était parallèlement signalée par de nombreux témoins, dans les régions de l'ouest où vivent des minorités tibétaines, écrit un journaliste de l'AFP. "J'ai vu un convoi d'au moins 200 camions avec 30 soldats sur chacun d'entre eux, donc environ 6 000 militaires en déplacement sur une seule journée", a indiqué Georg Blume du quotidien allemand Die Zeit à la BBC, avant de quitter Lhassa jeudi matin. Dans l'ouest de la Chine, un reporter de la BBC a recensé plus de 400 véhicules militaires se dirigeant en convoi d'environ 80 véhicules vers le Tibet.

C'est donc un massacre qui se prépare. La Chine ne veut pas céder car elle craint une contagion dans le pays tout entier. Elle tâte l'opinion publique mondiale et, pour l'instant, se prépare à mater la rebellion comme elle l'avait pour Tien An Men. C'est ce qui retient aujourd'hui le Dalai Lama.

Le ministère des affaires étrangères chinois s'est ''sérieusement inquiété'' d'une rencontre prévue entre le premier ministre britannique, Gordon Brown, et le dalaï-lama, demandant au premier de ne pas apporter son soutien au chef spirituel bouddhiste en exil.

Qin Gang, le porte-parole du ministère, a déclaré, mercredi soir, que le dalaï-lama est ''un réfugié politique engagé dans l'activité de diviser la Chine sous le couvert de la religion''.

Par ailleurs, le Quotidien du Tibet a affirmé, jeudi, que 24 personnes suspectées d'avoir pris part aux émeutes de Lhassa vendredi dernier, devraient être prochainement inculpées. Le procureur adjoint de Lhassa, Xie Yanjun, avait annoncé, mercredi, avoir "approuvé l'arrestation de 24 personnes soupçonnées" notamment "d'avoir mis en danger la sécurité de l'Etat" lors des pillages, incendies et violences dans la capitale tibétaine le 14 mars, a précisé le journal.

Les services du procureur de Lhassa précisent que les suspects ont été inculpés de mise en danger de la sécurité nationale et de "voies de fait, destructions, pillages, incendies volontaires et autres crimes lourds". "Les faits sont clairs et les preuves sont solides, ils devraient par conséquent être sévèrement punis afin de protéger la rigueur de la loi", a déclaré Xie Yanjun, procureur en chef adjoint de Lhassa, dans un communiqué diffusé par le service officiel d'information du Tibet. Les crimes contre la sécurité nationale sont généralement sanctionnés de peines lourdes qui peuvent aller jusqu'à des condamnations à mort.

"Cette infraction à la loi a été organisée, préméditée et soigneusement préparée par la clique du dalaï", répète le procureur en chef adjoint de Lhassa. "En tant qu'institution chargée de faire respecter la loi, nous nous servirons de ces faits comme d'une base d'application de la loi et d'un critère pour nous attaquer avec détermination à la sauvage arrogance de ces éléments criminels", ajoute Xie Yanjun.

Le journal officiel ne précise pas si le groupe fait partie des personnes qui se sont rendues aux autorités depuis le début de la semaine. Selon des sources officielles, quelque 170 Tibétains se sont volontairement présentées à la police, pour leur participation présumée aux événements, le régime ayant promis la clémence aux repentis, selon un bilan diffusé dans la nuit de mercredi à jeudi par l'agence Chine Nouvelle.

Selon les autorités chinoises, les violences de vendredi à Lhassa ont fait treize morts, tous des civils innocents victimes des émeutiers. Le gouvernement tibétain en exil parle, lui, d'une centaine de morts. Chine Nouvelle, citant un dernier bilan du gouvernement régional du Tibet, a en outre affirmé que "plus de 300 personnes innocentes" avaient aussi été blessées tandis que les dégâts matériels s'élèvent à plus de 200 millions de yuans (18 millions d'euros).

Pour la première fois depuis le début de la crise tibétaine il y a six jours, un média officiel chinois a reconnu jeudi que les manifestations s'étaient étendues à plusieurs autres provinces du pays. L'agence Chine Nouvelle évoque des ''émeutes dans des zones très peu peuplées où vivent des minorités tibétaines, dans les provinces du Sichuan et du Gansu, voisines du Tibet''. Selon l'agence d'Etat, des manifestants tibétains ont pris d'assaut des ''magasins et des bâtiments gouvernementaux'', dimanche, dans le nord-ouest de la province du Sichuan. Selon l'agence de presse, d'autres incidents similaires se sont produits dans cinq villes du sud de la province du Gansu.

C'est justement cette extension qui provoque la colère des autorités chinoises qui mettent maintenant les nations du monde devant un choix: boycotter les JO mais alors la répression sera atroce. Laisser courir en acceptant que quelques centaines de Tibétains soient "punis". Mais alors attention aux lendemains des JO. Trop de hiérarques hans ont perdu la face.

La nouvelle génération tibétaine est prête à aller à la mort ce que refuse le Dalai Lama. Le problème est qu'il n'a rien à offrir d'autre. Il y a tout lieu de croire que les violences vont s'étendre et que les Chinois vont devenir de plus en plus féroces.


le Jeudi 20 Mars 2008 à 11:26 | Permalien | Commentaires (1)



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Gabriel Xavier Culioli



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