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Sarkozy aborde le conflit social en position de faiblesse  Vendredi 09 Novembre 2007

Alors que la grève dans les universités s'étend, la France s'apprête à vivre un blocage dans les transports et une grève reconductible à partir du 14 novembre. Or le président Sarkozy aborde ce conflit en mauvaise posture.

Nicolas Sarkozy doit rêver du 20 novembre et de ses suites rapides. ce jour-là le président vénézuélien Chavez vient à Paris avec vraisemblablement dans ses bagages la preuve qu'Ingrid Betancourt est vivante. Sa libération rapide pourrait l'aider à se sortir d'un mouvement social qui s'annonce rude.

En premier lieu, les déclarations va-t-en guerre d'un premier ministre qui peine à exister dans l'ombre du président a considérablement réduit les marges de discussions avec les syndicats. La stratégie sarkozyste a consisté jusqu'à aujourd'hui à tronçonner le mouvement de protestation, à circonvenir ses éléments les plus faibles et à isoler les plus radicaux. Mais cela demande d'avoir du répondant en matière de propositions. Là, François Fillon vient d'annoncer qu'il n'avait plus rien à proposer. Dans les universités, l'appel de Valérie Pécresse aux étudiants non-grévistes, la déclaration des présidents dénonçant le "noyautage" des AG par l'extrême-gauche (comme si c'était nouveau) sonnent comme un tocsin un peu désespérée.

Les syndicats n'ont plus rien à perdre et se battront le dos au mur. Autant dire que le mouvement risque d'être dur et peut être long. La RATP a décidé d'y aller aussi. Gros problèmes pour les centrales: les coordinations et SUD drainent de plus en plus de mécontents. Pour ne pas rater le train en marche, les confédés doivent apparaître plus royalistes que le roi. Coup de malchance les propositions de Sarkozy en direction des pêcheurs sont retoquées par Bruxelles. Et les exigences de ces derniers ont fait tâche d'huile. Il n'y a donc plus d'autres solutions que de réduire la taxe sur les produits pétroliers contredisant ainsi les propos extrêmement fermes de la ministre des Finances. C'est le bordel…

Selon de multiples indiscrétions concordantes le président est déprimé. Il ne parvient pas à dépasser son divorce et commence à se rendre compte que l'Elysée c'est beaucoup d'ennuis dans tous les sens du terme, alors que lui rêvait d'une chevauchée fantastique avec sa belle. Par conséquent, dès que quelque chose bouge à l'extérieur, il bondit sur le prétexte et s'envole pour le Tchad, Washington et peut-être bientôt le Groenland, Ushuaia… En moins de six mois, Sarkozy s'est non seulement démonaitisé mais il a réussi le coup de force à griller les fusibles de son gouvernement.

Or un conflit social demande d'excellents ministres et des nerfs d'acier. Si à chaque manif il se retrouve casqué et armé à insulter les protestataires, nous voilà mal barrés. D'autant que les mauvais chiffres se multiplient. Derniers en date : le déficit commercial qui se creuse de manière abysssale. La France est en train de quitter les rivages de la production pour se retrouver dans la haute mer de la seule consommation. Un tel périple à une fin: cela s'appelle la faillite. Crise sociale et faillite: tout cela sent le sapin.

le Vendredi 09 Novembre 2007 à 13:38 | Permalien | Commentaires (0)


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Gabriel Xavier Culioli



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