Recherche

Tous les matins du monde naissent et meurent en Corse

Aux larmes citoyens

Sa plus belle histoire c'est elle…  Lundi 03 Décembre 2007


Ségolène Royal vient de sortir un livre dont le titre souligne le caractère opportuniste et un rien décalé.

Ségolène Royal sort donc un livre après que ses détracteurs ou ses affidés aient dit et redit leur haine ou leur amour pour l'ex-candidate du PS. Ce livre prépare indéniablement le retour de Ségolène Royal sur l'estrade du PS d'abord, de la scène politique nationale ensuite. Si on en croit les journalistes qui ont lu son livre, elle prend bien soin de se montrer alerte jusque dans les sujets qui la rebutaient telle que l'économie.

Mais pour moi, là n'est pas l'essentiel. Ce que peuvent raconter les politiques n'a strictement aucune importance tant il est vrai qu'ils n'appliquent jamais leur programme et se réservent toujours le droit d'en changer la donne "la faute à l'économie mondiale", "aux auttres" etc.

La campagne de Ségolène faisait écho à celle de Nicolas Sarkozy. Toutes les deux étaient basées sur l'émotionnel et l'égocentrisme. Ségolène Royal tentait de se "faire remarquer" à coups de petits "trucs" parfois ridicules. Je pense notamment à la bravitude. Je pense aux comités de citoyens. Tout cela donnait l'impresssion d'une stratégie de com' axée sur le bon coup plutôt que sur le contenu. À ce petit jeu, Nicolas Sarkozy s'est montré le plus convaincant.

Ce qui me dérange dans le livre de Ségolène Royal c'est évidemment le titre. Barbara est morte il y a dix ans et le titre de son ouvrage reprend une chanson de "la grande dame brune". Un hasard? J'en doute fortement. Plutôt un sens inné de l'opportunisme. Imaginons seulement que nous fêtions la mort de Brassens et on aurait peut-être lu "95% des femmes s'emmerdent en baisant".

La grosse difficulté pour Ségolène Royal est d'affirmer une ambition toute personnelle alors qu'elle a besoin du PS pour arriver à la concrétiser. Pour l'heure, le PS sombre tout doucement. Qui s'intéresse encore à François Hollantde, à Henri Emmanuelli ou encore à Laurent Fabius? Plus personne. De l'autre côté, Nicolas Sarkozy perd l'amour des Français et François Bayrou tente de devenir l'incontournable opposition.

Ce dernier a créé l'instrument de sa bataille: le MODEM. Mais pour réussir il devra compter sur la déstructuration de la gauche telle qu'elle existe. Car celle-ci ne pourra durer longtemps dans cet état. La LCR affirme d'ores et déjà un pôle qui pourrait séduire nombre d'électeurs à défaut de débaucher les têtes de la politique traditionnelle. Le liliputien parti des travailleurs tente lui aussi de capitaliser les fruits de la crise. Quant aux communistes, ils ne savent plus très bien où ils se situent. Faut-il aller à gauche, à droite au centre de la gauche?

Ségolène Royal, dans une pareille partie, est à la fois mal partie: trop individualiste, trop futile. Mais elle a un avantage immense: elle est la seule. Strauss-Khann est éloigné. Fabius n'existe plus. Quant à la gauche du PS, il n'y a plus qu'elle-même pour encore croire en ses chances. Tout est ouvert mais Ségolène Royal devrait arrêter de tenter de toujours prendre l'air du temps et enfin devenir elle-même.

le Lundi 03 Décembre 2007 à 11:02 | Permalien | Commentaires (0)


Profil
Gabriel Xavier Culioli



Infos XML

Archives
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  

Dernières notes

RSS ATOM RSS comment PODCAST Mobile