|
|
Tous les matins du monde naissent et meurent en Corse
Quelque part ailleurs
Tibet: un massacre se prépare Jeudi 20 Mars 2008
Les convois militaires chinois se dirigeaient vers le Tibet, jeudi 20 mars, alors que la présence accrue de soldats chinois était parallèlement signalée par de nombreux témoins, dans les régions de l'ouest où vivent des minorités tibétaines, écrit un journaliste de l'AFP. "J'ai vu un convoi d'au moins 200 camions avec 30 soldats sur chacun d'entre eux, donc environ 6 000 militaires en déplacement sur une seule journée", a indiqué Georg Blume du quotidien allemand Die Zeit à la BBC, avant de quitter Lhassa jeudi matin. Dans l'ouest de la Chine, un reporter de la BBC a recensé plus de 400 véhicules militaires se dirigeant en convoi d'environ 80 véhicules vers le Tibet.
C'est donc un massacre qui se prépare. La Chine ne veut pas céder car elle craint une contagion dans le pays tout entier. Elle tâte l'opinion publique mondiale et, pour l'instant, se prépare à mater la rebellion comme elle l'avait pour Tien An Men. C'est ce qui retient aujourd'hui le Dalai Lama.
Le ministère des affaires étrangères chinois s'est ''sérieusement inquiété'' d'une rencontre prévue entre le premier ministre britannique, Gordon Brown, et le dalaï-lama, demandant au premier de ne pas apporter son soutien au chef spirituel bouddhiste en exil.
Qin Gang, le porte-parole du ministère, a déclaré, mercredi soir, que le dalaï-lama est ''un réfugié politique engagé dans l'activité de diviser la Chine sous le couvert de la religion''.
Par ailleurs, le Quotidien du Tibet a affirmé, jeudi, que 24 personnes suspectées d'avoir pris part aux émeutes de Lhassa vendredi dernier, devraient être prochainement inculpées. Le procureur adjoint de Lhassa, Xie Yanjun, avait annoncé, mercredi, avoir "approuvé l'arrestation de 24 personnes soupçonnées" notamment "d'avoir mis en danger la sécurité de l'Etat" lors des pillages, incendies et violences dans la capitale tibétaine le 14 mars, a précisé le journal.
Les services du procureur de Lhassa précisent que les suspects ont été inculpés de mise en danger de la sécurité nationale et de "voies de fait, destructions, pillages, incendies volontaires et autres crimes lourds". "Les faits sont clairs et les preuves sont solides, ils devraient par conséquent être sévèrement punis afin de protéger la rigueur de la loi", a déclaré Xie Yanjun, procureur en chef adjoint de Lhassa, dans un communiqué diffusé par le service officiel d'information du Tibet. Les crimes contre la sécurité nationale sont généralement sanctionnés de peines lourdes qui peuvent aller jusqu'à des condamnations à mort.
"Cette infraction à la loi a été organisée, préméditée et soigneusement préparée par la clique du dalaï", répète le procureur en chef adjoint de Lhassa. "En tant qu'institution chargée de faire respecter la loi, nous nous servirons de ces faits comme d'une base d'application de la loi et d'un critère pour nous attaquer avec détermination à la sauvage arrogance de ces éléments criminels", ajoute Xie Yanjun.
Le journal officiel ne précise pas si le groupe fait partie des personnes qui se sont rendues aux autorités depuis le début de la semaine. Selon des sources officielles, quelque 170 Tibétains se sont volontairement présentées à la police, pour leur participation présumée aux événements, le régime ayant promis la clémence aux repentis, selon un bilan diffusé dans la nuit de mercredi à jeudi par l'agence Chine Nouvelle.
Selon les autorités chinoises, les violences de vendredi à Lhassa ont fait treize morts, tous des civils innocents victimes des émeutiers. Le gouvernement tibétain en exil parle, lui, d'une centaine de morts. Chine Nouvelle, citant un dernier bilan du gouvernement régional du Tibet, a en outre affirmé que "plus de 300 personnes innocentes" avaient aussi été blessées tandis que les dégâts matériels s'élèvent à plus de 200 millions de yuans (18 millions d'euros).
Pour la première fois depuis le début de la crise tibétaine il y a six jours, un média officiel chinois a reconnu jeudi que les manifestations s'étaient étendues à plusieurs autres provinces du pays. L'agence Chine Nouvelle évoque des ''émeutes dans des zones très peu peuplées où vivent des minorités tibétaines, dans les provinces du Sichuan et du Gansu, voisines du Tibet''. Selon l'agence d'Etat, des manifestants tibétains ont pris d'assaut des ''magasins et des bâtiments gouvernementaux'', dimanche, dans le nord-ouest de la province du Sichuan. Selon l'agence de presse, d'autres incidents similaires se sont produits dans cinq villes du sud de la province du Gansu.
C'est justement cette extension qui provoque la colère des autorités chinoises qui mettent maintenant les nations du monde devant un choix: boycotter les JO mais alors la répression sera atroce. Laisser courir en acceptant que quelques centaines de Tibétains soient "punis". Mais alors attention aux lendemains des JO. Trop de hiérarques hans ont perdu la face.
La nouvelle génération tibétaine est prête à aller à la mort ce que refuse le Dalai Lama. Le problème est qu'il n'a rien à offrir d'autre. Il y a tout lieu de croire que les violences vont s'étendre et que les Chinois vont devenir de plus en plus féroces.
Qin Gang, le porte-parole du ministère, a déclaré, mercredi soir, que le dalaï-lama est ''un réfugié politique engagé dans l'activité de diviser la Chine sous le couvert de la religion''.
Par ailleurs, le Quotidien du Tibet a affirmé, jeudi, que 24 personnes suspectées d'avoir pris part aux émeutes de Lhassa vendredi dernier, devraient être prochainement inculpées. Le procureur adjoint de Lhassa, Xie Yanjun, avait annoncé, mercredi, avoir "approuvé l'arrestation de 24 personnes soupçonnées" notamment "d'avoir mis en danger la sécurité de l'Etat" lors des pillages, incendies et violences dans la capitale tibétaine le 14 mars, a précisé le journal.
Les services du procureur de Lhassa précisent que les suspects ont été inculpés de mise en danger de la sécurité nationale et de "voies de fait, destructions, pillages, incendies volontaires et autres crimes lourds". "Les faits sont clairs et les preuves sont solides, ils devraient par conséquent être sévèrement punis afin de protéger la rigueur de la loi", a déclaré Xie Yanjun, procureur en chef adjoint de Lhassa, dans un communiqué diffusé par le service officiel d'information du Tibet. Les crimes contre la sécurité nationale sont généralement sanctionnés de peines lourdes qui peuvent aller jusqu'à des condamnations à mort.
"Cette infraction à la loi a été organisée, préméditée et soigneusement préparée par la clique du dalaï", répète le procureur en chef adjoint de Lhassa. "En tant qu'institution chargée de faire respecter la loi, nous nous servirons de ces faits comme d'une base d'application de la loi et d'un critère pour nous attaquer avec détermination à la sauvage arrogance de ces éléments criminels", ajoute Xie Yanjun.
Le journal officiel ne précise pas si le groupe fait partie des personnes qui se sont rendues aux autorités depuis le début de la semaine. Selon des sources officielles, quelque 170 Tibétains se sont volontairement présentées à la police, pour leur participation présumée aux événements, le régime ayant promis la clémence aux repentis, selon un bilan diffusé dans la nuit de mercredi à jeudi par l'agence Chine Nouvelle.
Selon les autorités chinoises, les violences de vendredi à Lhassa ont fait treize morts, tous des civils innocents victimes des émeutiers. Le gouvernement tibétain en exil parle, lui, d'une centaine de morts. Chine Nouvelle, citant un dernier bilan du gouvernement régional du Tibet, a en outre affirmé que "plus de 300 personnes innocentes" avaient aussi été blessées tandis que les dégâts matériels s'élèvent à plus de 200 millions de yuans (18 millions d'euros).
Pour la première fois depuis le début de la crise tibétaine il y a six jours, un média officiel chinois a reconnu jeudi que les manifestations s'étaient étendues à plusieurs autres provinces du pays. L'agence Chine Nouvelle évoque des ''émeutes dans des zones très peu peuplées où vivent des minorités tibétaines, dans les provinces du Sichuan et du Gansu, voisines du Tibet''. Selon l'agence d'Etat, des manifestants tibétains ont pris d'assaut des ''magasins et des bâtiments gouvernementaux'', dimanche, dans le nord-ouest de la province du Sichuan. Selon l'agence de presse, d'autres incidents similaires se sont produits dans cinq villes du sud de la province du Gansu.
C'est justement cette extension qui provoque la colère des autorités chinoises qui mettent maintenant les nations du monde devant un choix: boycotter les JO mais alors la répression sera atroce. Laisser courir en acceptant que quelques centaines de Tibétains soient "punis". Mais alors attention aux lendemains des JO. Trop de hiérarques hans ont perdu la face.
La nouvelle génération tibétaine est prête à aller à la mort ce que refuse le Dalai Lama. Le problème est qu'il n'a rien à offrir d'autre. Il y a tout lieu de croire que les violences vont s'étendre et que les Chinois vont devenir de plus en plus féroces.
Quelque part ailleurs
Le dissident chinois Hu Jia devant la justice pour subversion Mardi 18 Mars 2008
Les autorités lui reprochent d'avoir diffusé des propos contre le régime sur internet et donné des interviews à des journalistes étrangers.
Hu Jia, l'un des principaux dissidents chinois, a comparu en justice à Pékin pour répondre d'accusations de subversion.
Les autorités lui reprochent d'avoir diffusé des propos contre le régime sur internet et donné des interviews à des journalistes étrangers.
Li Fangping, son avocat, a déclaré qu'il avait plaidé non coupable. Le procès a duré environ trois heures et demie et le jugement pourrait être rendu dès cette semaine, a-t-il ajouté.
Hu Jia risque jusqu'Ã cinq ans de prison.
Son procès a suscité de vives dénonciations de la part d'organisations de défense des droits de l'homme, qui y voient une tentative du pouvoir pour museler la dissidence avant les Jeux olympiques de Pékin, cet été.
La mère de Hu a assisté au procès mais son épouse, son père et un de ses oncles n'étaient pas dans la salle.
Le dissident estime que les charges retenues contre lui ne sont pas fondées.
"L'affaire Hu Jia a été marquée dès le début par de graves atteintes aux droits de l'homme", dénonce Human Rights Watch, basée à New York, dans un communiqué. "Son arrestation était politique, les accusations sont politiques et son procès est politique."
Les autorités chinoises affirment, elles, que cette affaire est menée dans le cadre de la loi.
Agé de 34 ans, Hu Jia, qui a fait ses premières armes en défendant des malades du sida vivant dans les campagnes chinoises, est devenu l'un des militants les plus actifs pour les droits de l'homme, les libertés religieuses et l'autonomie du Tibet.
Il a été arrêté fin décembre après avoir passé plus de 200 jours aux arrêts domiciliaires.
Selon une source proche de sa famille, il aurait été interrogé chaque nuit pendant six à quatorze d'heures d'affilée lors de son premier mois de détention.
"Cette privation de sommeil et ces interrogatoires relèvent de la torture", a dit cette source s'exprimant sous le couvert de l'anonymat.
L'épouse de Hu et leur fille de quatre mois sont toujours placés aux arrêts domiciliaires. Leur téléphone est coupé.
Ainsi la Chine démontre qu'elle n'est pas prête à céder aux appels internationaux à la veille des JO de Pékin. Pour ce qui concerne ce pays, il faut parvenir à décrypter chaque geste qui est un message. Je pense que la condamnation de Hu Gia va être lourde car Internet est un danger pour le pouvoir chinois ainsi qu'il l'a montré en bloquant de nombreux accès qui relataient les évènements du Tibet.
Pour toutes ces raisons, je pense qu'un boycott des JO seraient une catastrophe. Il faut que les Chinois sentent la pression mais surtout éviter l'humiliation. Ils se vengeraient sur les Tibétains. Il vaut mieux comme le propose Badinter porter des insignes de soutien au Tibet lors des cérémonies plutôt que d'en être absent.
Les autorités lui reprochent d'avoir diffusé des propos contre le régime sur internet et donné des interviews à des journalistes étrangers.
Li Fangping, son avocat, a déclaré qu'il avait plaidé non coupable. Le procès a duré environ trois heures et demie et le jugement pourrait être rendu dès cette semaine, a-t-il ajouté.
Hu Jia risque jusqu'Ã cinq ans de prison.
Son procès a suscité de vives dénonciations de la part d'organisations de défense des droits de l'homme, qui y voient une tentative du pouvoir pour museler la dissidence avant les Jeux olympiques de Pékin, cet été.
La mère de Hu a assisté au procès mais son épouse, son père et un de ses oncles n'étaient pas dans la salle.
Le dissident estime que les charges retenues contre lui ne sont pas fondées.
"L'affaire Hu Jia a été marquée dès le début par de graves atteintes aux droits de l'homme", dénonce Human Rights Watch, basée à New York, dans un communiqué. "Son arrestation était politique, les accusations sont politiques et son procès est politique."
Les autorités chinoises affirment, elles, que cette affaire est menée dans le cadre de la loi.
Agé de 34 ans, Hu Jia, qui a fait ses premières armes en défendant des malades du sida vivant dans les campagnes chinoises, est devenu l'un des militants les plus actifs pour les droits de l'homme, les libertés religieuses et l'autonomie du Tibet.
Il a été arrêté fin décembre après avoir passé plus de 200 jours aux arrêts domiciliaires.
Selon une source proche de sa famille, il aurait été interrogé chaque nuit pendant six à quatorze d'heures d'affilée lors de son premier mois de détention.
"Cette privation de sommeil et ces interrogatoires relèvent de la torture", a dit cette source s'exprimant sous le couvert de l'anonymat.
L'épouse de Hu et leur fille de quatre mois sont toujours placés aux arrêts domiciliaires. Leur téléphone est coupé.
Ainsi la Chine démontre qu'elle n'est pas prête à céder aux appels internationaux à la veille des JO de Pékin. Pour ce qui concerne ce pays, il faut parvenir à décrypter chaque geste qui est un message. Je pense que la condamnation de Hu Gia va être lourde car Internet est un danger pour le pouvoir chinois ainsi qu'il l'a montré en bloquant de nombreux accès qui relataient les évènements du Tibet.
Pour toutes ces raisons, je pense qu'un boycott des JO seraient une catastrophe. Il faut que les Chinois sentent la pression mais surtout éviter l'humiliation. Ils se vengeraient sur les Tibétains. Il vaut mieux comme le propose Badinter porter des insignes de soutien au Tibet lors des cérémonies plutôt que d'en être absent.
Quelque part ailleurs
Communiqué de la communauté tibétaine Lundi 17 Mars 2008
Le gouvernement tibétain en exil parle de centaines de morts et la Chine de dix morts, des commerçants tués par les émeutiers. Il est très vraisemblale que les Chinois ne vont pas tolérer le camouflet que leur infligents les manifestants de Lhassa. Comme en Tchétchénie, comme en Birmanie, la communauté internationale ne trouve pas les mots pour arrêter le massacre. Voilà qui rappelle l'attitude des autorités internationales au lendemain de Tien An Men.
Les protestations se multiplient. Il faut les amplifier de manière à gêner au maximum la Chine. De petits ruisseaux forment de grandes rivières.
Quant à Nicoléon qui avait déclaré que Taiwan et le Tibet étaient partie intégrantes de la Chine, il a donc appelé la Chine à plus de retenue. Fusillez mais plus discrètement si possible.
Le 10 mars 2008, le Tibet marque la commémoration de 49ème anniversaire du soulèvement du peuple Tibétain contre l'occupation chinoise. Les Tibétains au Tibet, comme dans la diaspora mènent une résistance pacifique pour qu'ils puissent prendre en main de leur destin politique en essayant d'exercer de leur liberté d'expression mais les Tibétains sont privées de cette liberté si fondamentale depuis 57 ans.
Depuis des décennies, Sa Sainteté le Dalai Lama par le biais du gouvernement tibétain en exile a mise en place une politique de la voie médiane vis à vis de la République populaire de Chine afin de pouvoir régler le problème du Tibet autour d'un dialogue portant sur le fond et dans un esprit consensuel. Mais à notre déception, la conséquence politique n'est pas au rendez-vous. Cela résulte du sentiment de la supériorité Chinoise et du chauvinisme chinois sur le peuple tibétain.
Les autorités chinoises, au lieu de s'engager dans un processus des pourparlers avec les représentants tibétains, elles se moquent à fond de l'expression pacifique des revendications politiques des Tibétains en recourant comme d'habitude, à des solutions précaire d'ordre policier et militaire dans une logique de courte vue. en résumé: cela fait 57 ans, que les Tibétains subissent de traitement dégradé par des persécutions politiques, raciales et tout cela dans le déni total du standard international des droits fondamentaux.
Ce pouvoir dictatorial du parti communiste chinois veut peupler le Tibet par des populations chinoises en incitant les immigrations massives des colons chinois au Tibet et il a mis en place un programme d'extermination successive du peuple tibétain sous un silence coupable de la Communauté internationale, ce qui ne fait que renforcer au seine de la population tibétaine un sentiment profond d'injustice et d'indifférence.
La République populaire de Chine a non seulement instauré au Tibet, une politique de ségrégation à l'encontre des Tibétains pour mettre ces derniers à l'écart des affaires tibétaines mais aussi, ce régime totalitaire mène une politique de pillage de la richesse tibétaine au détriment des populations tibétaines et il y règne par une politique de terreur.
D'ailleurs, le gouvernement communiste chinois prône une politique de négation du Tibet et du peuple tibétain au mépris de leurs droits et de leurs libertés fondamentales au Tibet et chacun d'entre nous peut témoigner chaque fois qu'il y a une tournée diplomatique de Sa Sainteté le Dalai Lama dan le monde pour faire entendre la volonté politique de six millions des Tibétains du Tibet.
La Chine ne hésite pas à boycotter les visites de Sa Sainteté contre les Etats qui l'accueillit et elle profère des menaces de sanctions mercantiles ce qui illustre bien en direct sous nos yeux la violation flagrante de la liberté d'expression.
En dépit de cinq rencontres diplomatiques entre les émissaires de Sa Sainteté le Dalai Lama et les autorités chinoises, aucun progrès n'a pas été enregistré sur le problème du Tibet.
Depuis l'année 2007, la Chine a même renforcé sa compagne de diffamation contre la personne de Sa Sainteté le Dalai Lama ce qui constitue une atteinte très grave à l'honneur national des Tibétains et ceci blesse profondément le sentiment de six millions des tibétains.
Si j'évoque ces éléments précédents, c'est pour mieux voir et comprendre les causes profondes de cette mobilisations massives des tibétaines pour protester contre l'occupation chinoise du Tibet et cet nouvel élan du mouvement de masse tibétaine a démarré spontanément dans la capitale tibétaine à Lhassa où siège les trois plus grand monastères du Tibet à savoir: Drepung, Sera et Gaden.
Lundi 10 mars 2008, des milliers des moines et des civils tibétains se sont donnés rendez-vous devant le Temple de Jokhang à Lhassa, pour effectuer une marche pacifique pour contester contre l'occupation chinoise. Au même moment, les mêmes types de mobilisations de masse tibétaines se sont signalées dans d'autres provinces tibétaines telle que le Lithang au Kham, notamment dans plusieurs monastères en Amdo où plusieurs milliers de tibétains sont défilés dans les rues pour protester l'occupation chinoise. ainsi Detsa, Mangra, Lutsang,à Labrang pendant cinq jours de suite et hier il y aurait une autre manifestation de même genre en Amdo Ngaba. C'est une autre région autonome tibétaine attachée à la province Chinoise de Sichuan.
Ces manifestations tibétaines pacifiques à caractère hautement politique, se sont dégénérées suite à des multiples brutalités de provocation des paramilitaires chinoises contre les manifestants civils. Dans les rues de Lhassa, on voit à travers des images sorties du Tibet, des scènes de guerre et "l'armée populaire de libération" de la Chine a sorties de nouveau comme en 1989, ses chars dans les rues de Lhassa et elle a investit à la fois au centre et dans les périphéries de la Ville. Une fois de plus, la loi martiale serait décrétée à Lhassa.
Nous les Tibétains de France et avec nos amis du Tibet observons la situation actuelle si dégradante du Tibet avec un sentiment d'impuissance et avec la frustration la plus extrême. A l'occasion de cette veillée aux bougies du soutien en direction de nos compatriotes tibétains au Tibet, je voudrais dire au nom de la Communauté Tibétaine de France notre profonde solidarité envers nos frères et nos sœurs tibétains qui sacrifient leurs vies précieuses pour un Tibet tibétain et libéré de l'occupation Chinoise. Nous allons relayer vos revendications politiques par tous les moyens auprès des instances internationales.
Suivant les informations dont nous disposons à l'heure actuelle, font état des centaines d'arrestation arbitraires des manifestants dans la brutalité totale et d'après sources d'information du gouvernement tibétain en exile, quatre vingt personnes auraient été tués.
Nous restons prudent quant au bilan exact des victimes de cette répression militaire chinoise et les reports de différentes enquêtes nous diront de manière progressive.
Nous demandons à Monsieur Hu Jing Tao prend toutes ses responsabilités de ce crime de répression militaire à l'encontre des manifestants tibétains civiles et pacifiques qui n'ont fait qu'exprimer leurs opinions politiques et je demande à l'ONU de mettre en place une commission d'enquête internationale pour que cette dernière puisse émettre un report indépendant dans la clarté en toute objectivité.
Si la République populaire de Chine persiste à violer massivement de façon aggravée les règles du Droit international des droits de l'homme et le droit du peuple tibétain à disposer de lui même sous son occupation illégale et illégitime du Tibet.
Avant que ce ne soit trop tard, nous demandons d'une intervention active de la Communauté Internationale sous des formes adaptées à la situation d'urgence du Tibet et mettre l'ensemble de territoire du Tibet sous la tutelle des Nations Unis tant que le peuple souverain tibétain n'aura pas prononcer librement dans des conditions adéquates sur son avenir politique.
Les Tibétains à travers le monde, rejettent en block toutes les déclarations faites jusqu'à maintenant par le Parti communiste chinois sur le Tibet qui ne reflètent que ses prétentions coloniales et ses "missions civilisatrices" au Tibet. Aucun peuple dans monde n'est pas en droit de coloniser un autre en prétendant d'apporter de la civilisation en vertu de principe du Droit international d'égalité entre les peuples.
Le Tibet, c'est un pays occupé illégalement en violation de la souveraineté nationale tibétaine. et son peuple est persécuté par le pouvoir occupant depuis 57 ans. Enfin nous demandons à l'ensemble des Etats de droit et des démocraties du Monde, de nous soutenir dans notre combat pour la liberté, pour la justice et pour l'égalité des Tibétains et cela passe par en exigeant au gouvernement chinois de mettre à une fin de son occupation du Tibet. Laissez les Tibétains de se gouverner librement de leur pays.
Vive le Tibet libre et Bod Gyal Lo!!!
Depuis des décennies, Sa Sainteté le Dalai Lama par le biais du gouvernement tibétain en exile a mise en place une politique de la voie médiane vis à vis de la République populaire de Chine afin de pouvoir régler le problème du Tibet autour d'un dialogue portant sur le fond et dans un esprit consensuel. Mais à notre déception, la conséquence politique n'est pas au rendez-vous. Cela résulte du sentiment de la supériorité Chinoise et du chauvinisme chinois sur le peuple tibétain.
Les autorités chinoises, au lieu de s'engager dans un processus des pourparlers avec les représentants tibétains, elles se moquent à fond de l'expression pacifique des revendications politiques des Tibétains en recourant comme d'habitude, à des solutions précaire d'ordre policier et militaire dans une logique de courte vue. en résumé: cela fait 57 ans, que les Tibétains subissent de traitement dégradé par des persécutions politiques, raciales et tout cela dans le déni total du standard international des droits fondamentaux.
Ce pouvoir dictatorial du parti communiste chinois veut peupler le Tibet par des populations chinoises en incitant les immigrations massives des colons chinois au Tibet et il a mis en place un programme d'extermination successive du peuple tibétain sous un silence coupable de la Communauté internationale, ce qui ne fait que renforcer au seine de la population tibétaine un sentiment profond d'injustice et d'indifférence.
La République populaire de Chine a non seulement instauré au Tibet, une politique de ségrégation à l'encontre des Tibétains pour mettre ces derniers à l'écart des affaires tibétaines mais aussi, ce régime totalitaire mène une politique de pillage de la richesse tibétaine au détriment des populations tibétaines et il y règne par une politique de terreur.
D'ailleurs, le gouvernement communiste chinois prône une politique de négation du Tibet et du peuple tibétain au mépris de leurs droits et de leurs libertés fondamentales au Tibet et chacun d'entre nous peut témoigner chaque fois qu'il y a une tournée diplomatique de Sa Sainteté le Dalai Lama dan le monde pour faire entendre la volonté politique de six millions des Tibétains du Tibet.
La Chine ne hésite pas à boycotter les visites de Sa Sainteté contre les Etats qui l'accueillit et elle profère des menaces de sanctions mercantiles ce qui illustre bien en direct sous nos yeux la violation flagrante de la liberté d'expression.
En dépit de cinq rencontres diplomatiques entre les émissaires de Sa Sainteté le Dalai Lama et les autorités chinoises, aucun progrès n'a pas été enregistré sur le problème du Tibet.
Depuis l'année 2007, la Chine a même renforcé sa compagne de diffamation contre la personne de Sa Sainteté le Dalai Lama ce qui constitue une atteinte très grave à l'honneur national des Tibétains et ceci blesse profondément le sentiment de six millions des tibétains.
Si j'évoque ces éléments précédents, c'est pour mieux voir et comprendre les causes profondes de cette mobilisations massives des tibétaines pour protester contre l'occupation chinoise du Tibet et cet nouvel élan du mouvement de masse tibétaine a démarré spontanément dans la capitale tibétaine à Lhassa où siège les trois plus grand monastères du Tibet à savoir: Drepung, Sera et Gaden.
Lundi 10 mars 2008, des milliers des moines et des civils tibétains se sont donnés rendez-vous devant le Temple de Jokhang à Lhassa, pour effectuer une marche pacifique pour contester contre l'occupation chinoise. Au même moment, les mêmes types de mobilisations de masse tibétaines se sont signalées dans d'autres provinces tibétaines telle que le Lithang au Kham, notamment dans plusieurs monastères en Amdo où plusieurs milliers de tibétains sont défilés dans les rues pour protester l'occupation chinoise. ainsi Detsa, Mangra, Lutsang,à Labrang pendant cinq jours de suite et hier il y aurait une autre manifestation de même genre en Amdo Ngaba. C'est une autre région autonome tibétaine attachée à la province Chinoise de Sichuan.
Ces manifestations tibétaines pacifiques à caractère hautement politique, se sont dégénérées suite à des multiples brutalités de provocation des paramilitaires chinoises contre les manifestants civils. Dans les rues de Lhassa, on voit à travers des images sorties du Tibet, des scènes de guerre et "l'armée populaire de libération" de la Chine a sorties de nouveau comme en 1989, ses chars dans les rues de Lhassa et elle a investit à la fois au centre et dans les périphéries de la Ville. Une fois de plus, la loi martiale serait décrétée à Lhassa.
Nous les Tibétains de France et avec nos amis du Tibet observons la situation actuelle si dégradante du Tibet avec un sentiment d'impuissance et avec la frustration la plus extrême. A l'occasion de cette veillée aux bougies du soutien en direction de nos compatriotes tibétains au Tibet, je voudrais dire au nom de la Communauté Tibétaine de France notre profonde solidarité envers nos frères et nos sœurs tibétains qui sacrifient leurs vies précieuses pour un Tibet tibétain et libéré de l'occupation Chinoise. Nous allons relayer vos revendications politiques par tous les moyens auprès des instances internationales.
Suivant les informations dont nous disposons à l'heure actuelle, font état des centaines d'arrestation arbitraires des manifestants dans la brutalité totale et d'après sources d'information du gouvernement tibétain en exile, quatre vingt personnes auraient été tués.
Nous restons prudent quant au bilan exact des victimes de cette répression militaire chinoise et les reports de différentes enquêtes nous diront de manière progressive.
Nous demandons à Monsieur Hu Jing Tao prend toutes ses responsabilités de ce crime de répression militaire à l'encontre des manifestants tibétains civiles et pacifiques qui n'ont fait qu'exprimer leurs opinions politiques et je demande à l'ONU de mettre en place une commission d'enquête internationale pour que cette dernière puisse émettre un report indépendant dans la clarté en toute objectivité.
Si la République populaire de Chine persiste à violer massivement de façon aggravée les règles du Droit international des droits de l'homme et le droit du peuple tibétain à disposer de lui même sous son occupation illégale et illégitime du Tibet.
Avant que ce ne soit trop tard, nous demandons d'une intervention active de la Communauté Internationale sous des formes adaptées à la situation d'urgence du Tibet et mettre l'ensemble de territoire du Tibet sous la tutelle des Nations Unis tant que le peuple souverain tibétain n'aura pas prononcer librement dans des conditions adéquates sur son avenir politique.
Les Tibétains à travers le monde, rejettent en block toutes les déclarations faites jusqu'à maintenant par le Parti communiste chinois sur le Tibet qui ne reflètent que ses prétentions coloniales et ses "missions civilisatrices" au Tibet. Aucun peuple dans monde n'est pas en droit de coloniser un autre en prétendant d'apporter de la civilisation en vertu de principe du Droit international d'égalité entre les peuples.
Le Tibet, c'est un pays occupé illégalement en violation de la souveraineté nationale tibétaine. et son peuple est persécuté par le pouvoir occupant depuis 57 ans. Enfin nous demandons à l'ensemble des Etats de droit et des démocraties du Monde, de nous soutenir dans notre combat pour la liberté, pour la justice et pour l'égalité des Tibétains et cela passe par en exigeant au gouvernement chinois de mettre à une fin de son occupation du Tibet. Laissez les Tibétains de se gouverner librement de leur pays.
Vive le Tibet libre et Bod Gyal Lo!!!
Quelque part ailleurs
Un article du Monde sur ce qui se passe au Tibet Samedi 15 Mars 2008
La Chine tente d'empêcher par tous les moyens l'information depuis le Tibet. Les frontières ont été fermées. Les photos sont systématiquement saisies. On sait seulement que les autorités bouddhistes ont décidé, comme en Birmanie (un régime soutenu par la Chine) dé défier pacifiquement la Chine en profitant des jeux olympiques. C'est un défi terrible pour Pékin qui compte sur la lâcheté munichoise des Occidentaux pour réprimer en toute tranquillité comme à Tien An Men. Combien de fois, au nom des intérêts économiques, allons nous laisser perpétrer des horreurs sans réagir?
es manifestations de centaines de moines de grands monastères de Lhassa dans les rues de la capitale tibétaine, lundi 10 et mardi 11 mars, représentent un sérieux motif d'inquiétude pour le régime chinois. Pékin redoute en effet par-dessus tout que la période pré-olympique ne fournisse le prétexte à ses adversaires d'attirer l'attention sur le manque de respect des droits de l'homme en République populaire.
Les incidents de ces derniers jours sont sans précédent depuis 1989, année où fut décrétée la loi martiale dans Lhassa, la capitale de la "Région autonome du Tibet", après plusieurs jours de violentes manifestations. Lundi, de 300 à 400 moines du grand monastère de Drepung, situé à moins d'une dizaine de kilomètres du centre-ville, ont défilé dans les rues pour finir par s'asseoir en un groupe compact dans une artère de la ville.
Mardi, après l'arrestation de certains d'entre eux, plus d'un demi-millier de moines ont de nouveau organisé une manifestation, demandant la libération de leurs "frères" appréhendés la veille. Cette deuxième journée a été la plus violente, les forces de sécurité dispersant les manifestants en tirant des grenades lacrymogènes.
Les témoignages relayés par Radio Free Asia et certains touristes qui ont publié des comptes rendus de la manifestation sur leurs blogs, montrent que les moines ont évité la plupart du temps de scander des slogans demandant l'indépendance du Tibet.
Les premiers défilés de lundi, qui coïncidaient avec le 49e anniversaire de la fuite de Lhassa du dalaï-lama après un soulèvement manqué de la population de la ville, avaient pour but de demander la libération de moines emprisonnés en 2007. En octobre 2007, après que le président américain George Bush eut remis la médaille d'or du Congrès au dalaï-lama à Washington, des moines de Drepung avaient repeint des murs du monastère pour célébrer l'événement. Les autorités chinoises avaient arrêté un certain nombre des religieux.
Plus tard dans la journée de lundi, plusieurs moines d'un autre monastère important, celui de Sera, se sont réunis devant le Jokhang, la "cathédrale" de Lhassa.
Des touristes qui ont assisté à l'événement racontent que ces moines "formaient un cercle silencieux autour de la police", qui, dans un premier temps, n'a pas été en mesure de procéder à des arrestations.
Certaines sources relayées par des spécialistes du Tibet indiquent que les autorités chinoises n'auraient pas choisi la confrontation au début des manifestations, laissant même les moines de Drepung organiser leur "sit-in" durant huit heures.
Ce n'est que mardi matin, après la marche vers Lhassa de 600 moines de Sera, que les policiers et les paramilitaires de la Police armée populaire ont décidé de disperser manu militari les manifestants. Mercredi, des incidents ont été signalés autour d'un troisième complexe monastique, celui de Ganden.
Des sources émanant de la communauté tibétaine en exil en Inde font état d'autres manifestations en début de semaine dans trois autres monastères dont l'un situé dans la province voisine du Qinghaï.
A Pékin, un porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères a confirmé, mardi, que Lhassa avait été le théâtre de manifestations "illégales et menaçant la stabilité sociale".
Bruno Philip
Les incidents de ces derniers jours sont sans précédent depuis 1989, année où fut décrétée la loi martiale dans Lhassa, la capitale de la "Région autonome du Tibet", après plusieurs jours de violentes manifestations. Lundi, de 300 à 400 moines du grand monastère de Drepung, situé à moins d'une dizaine de kilomètres du centre-ville, ont défilé dans les rues pour finir par s'asseoir en un groupe compact dans une artère de la ville.
Mardi, après l'arrestation de certains d'entre eux, plus d'un demi-millier de moines ont de nouveau organisé une manifestation, demandant la libération de leurs "frères" appréhendés la veille. Cette deuxième journée a été la plus violente, les forces de sécurité dispersant les manifestants en tirant des grenades lacrymogènes.
Les témoignages relayés par Radio Free Asia et certains touristes qui ont publié des comptes rendus de la manifestation sur leurs blogs, montrent que les moines ont évité la plupart du temps de scander des slogans demandant l'indépendance du Tibet.
Les premiers défilés de lundi, qui coïncidaient avec le 49e anniversaire de la fuite de Lhassa du dalaï-lama après un soulèvement manqué de la population de la ville, avaient pour but de demander la libération de moines emprisonnés en 2007. En octobre 2007, après que le président américain George Bush eut remis la médaille d'or du Congrès au dalaï-lama à Washington, des moines de Drepung avaient repeint des murs du monastère pour célébrer l'événement. Les autorités chinoises avaient arrêté un certain nombre des religieux.
Plus tard dans la journée de lundi, plusieurs moines d'un autre monastère important, celui de Sera, se sont réunis devant le Jokhang, la "cathédrale" de Lhassa.
Des touristes qui ont assisté à l'événement racontent que ces moines "formaient un cercle silencieux autour de la police", qui, dans un premier temps, n'a pas été en mesure de procéder à des arrestations.
Certaines sources relayées par des spécialistes du Tibet indiquent que les autorités chinoises n'auraient pas choisi la confrontation au début des manifestations, laissant même les moines de Drepung organiser leur "sit-in" durant huit heures.
Ce n'est que mardi matin, après la marche vers Lhassa de 600 moines de Sera, que les policiers et les paramilitaires de la Police armée populaire ont décidé de disperser manu militari les manifestants. Mercredi, des incidents ont été signalés autour d'un troisième complexe monastique, celui de Ganden.
Des sources émanant de la communauté tibétaine en exil en Inde font état d'autres manifestations en début de semaine dans trois autres monastères dont l'un situé dans la province voisine du Qinghaï.
A Pékin, un porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères a confirmé, mardi, que Lhassa avait été le théâtre de manifestations "illégales et menaçant la stabilité sociale".
Bruno Philip
Quelque part ailleurs
Les Roumains, cure de jouvence d’Aguaviva, petit bourg aragonais Mercredi 05 Mars 2008
Un article de Libération qui donne à réfléchir notamment pour les zones rurales françaises et pour la Corse.
Même l’église San Lorenzo n’a pas grand charme. Aguaviva, 750 habitants aux confins orientaux de l’Aragon, est un village sans attrait, où la vieille pierre est rare. En dehors de tous les circuits économiques et de tous les guides touristiques, Aguaviva est à l’image de cette Espagne centrale, loin des grandes villes mais aussi du littoral surpeuplé. Vidés par l’exode rural, certains coins reculés d’Espagne ont des taux de densité sibériens, 4 ou 5 habitants par kilomètre carré… Et plus les villages se dépeuplent, moins ils ont d’attraits. Jusqu’à finalement disparaître.
Billets. «Plus la population baisse, plus les services se dégradent ou disparaissent, et moins on a de chances d’attirer du monde,résume Luis Bricio, le maire d’Aguaviva. Le village comptait 2 000 habitants au début du XXe siècle. En l’an 2000, nous n’étions plus que 600.» Il a alors ceint son écharpe et s’est envolé vers des pays étrangers y recruter des immigrés afin de repeupler «son» village. «Attirer des Espagnols des villes ou une entreprise, même de moyenne importance, était impossible, alors je me suis dit que ça pouvait intéresser des gens venus d’ailleurs.» Il a commencé par l’Argentine, qui s’enfonçait alors dans la crise économique. Neuf familles se sont installées rapidement, d’autres ont suivi : à toutes, il a payé les billets d’avion, trouvé des promesses d’embauches pour obtenir le visa de travail. En échange, les Argentins se sont engagés à rester au moins cinq ans, sous peine de devoir rembourser les billets et les aides à l’installation. «C’étaient des familles nombreuses, continue le maire. Ça va plus vite pour repeupler l’école. Et puis, en famille, on se sent moins déraciné, c’est plus facile de s’adapter.»
Mais les Argentins n’ont pas pris racine. Presque toutes les familles s’en sont allées, qui dans d’autres villages plus importants, qui dans les villes. «J’ai l’impression qu’ils n’avaient pas envie de travailler, qu’ils étaient d’accord sur le côté "repeuplement", mais pas sur celui du boulot, estime Luis Bricio. Et puis, ils n’ont pas le même mode de vie, ils préféraient rester chez eux plutôt que d’aller au bar, là où on se fait des connaissances, des amis, ce qui permet de se sentir bien, moins seul. Les Roumains, eux, sont sur cet aspect-là plus proches de nous.»
Depuis 2004-2005, les Roumains forment de très loin le premier contingent de nouveaux immigrés en Espagne. Ils seraient aujourd’hui plus de 600 000, soit autour de 12 % du total de la population immigrée, qui elle-même a plus que doublé ces trois dernières années. A Aguaviva, les immigrés roumains pèsent près de 20 % de la population, un peu plus de 130 habitants, selon le maire. «Et quand il fallait un contrat de travail, on est allé chercher les petits entrepreneurs du coin. Ou alors, en mairie, on prenait parfois des libertés avec la loi en faisant des demandes de femmes de ménage par exemple, le temps de trouver un véritable emploi.»
«Le plus surprenant, c’est que nous venons tous, ou presque, du même village roumain, Unirea, à environ 500 km de Bucarest», raconte Daniel. C’est là -bas, en effet, que le maire Luis Bricio s’est rendu pour «recruter». Sur les conseils d’un premier immigré roumain, «mon cousin», raconte fièrement Daniel. «Aujourd’hui, dans mon village, il n’y a presque plus de jeunes. Ils vivent tous ici.» Daniel est arrivé à 27 ans, en 2001. Le maire lui avait envoyé une promesse d’embauche dans la construction, un précontrat d’une entreprise d’un bourg voisin, et il a eu son visa de travail en six mois. Daniel est arrivé avec sa femme et leur enfant, 9 ans désormais, qui fait du vélo sur la place du village avec ses copains espagnols. «Ma femme s’est habituée plus vite que moi à cette nouvelle vie. Au début, j’ai eu du mal, notamment dans mon travail, parce je ne parlais pas espagnol. Finalement, c’est le curé du village qui m’a appris la langue.» Il raconte qu’en Roumanie, il ne trouvait que des embauches précaires, pour 150 euros mensuels. «Ici, je dépassais facilement les 1 000 euros pour un emploi stable et je suis même vite passé contremaître.»
Aujourd’hui, il a laissé tomber la maçonnerie et tient le bar de l’Amitié, de l’association du troisième âge. Ses amis d’enfance d’Unirea sont pour la plupart restés dans le bâtiment, qui a tiré ces dernières années la forte croissance espagnole. «Depuis le début de la décennie, nous sommes dans un cycle où l’économie s’est surtout appuyée sur la construction ou d’autres secteurs très friands de main-d’œuvre, comme l’hôtellerie et la restauration, explique Carlos MartÃn, économiste au syndicat Comisiones Obreras. A une autre époque, ce sont des jeunes Espagnols qui auraient couvert cette nouvelle offre de travail. Mais il y a de moins en moins de jeunes, pour des raisons démographiques, et ils sont de plus en plus qualifiés. Alors, l’Espagne a eu recours à l’immigration. Le boom économique s’est fait en parallèle d’un boom de l’immigration.»
A l’échelle d’Aguaviva, Luis Bricio ne cache pas sa satisfaction. Avec soixante élèves et quatre classes, contre vingt et deux classes il y a six ans, l’école primaire est sauvée. Mais aussi, le petit hôtel - six emplois -, les quatre bars, les deux supérettes, la boulangerie, le coiffeur. «Et il n’y a plus de maisons abandonnées. Le village est rempli.»
« Coutumes». Pour la première fois, l’immigration, qui a explosé sous le mandat de Zapatero, a fait l’objet de polémiques électorales. La droite proposant d’exiger des futurs immigrés de signer un «contrat moral» les obligeant, notamment, à respecter les «coutumes espagnoles». «Même notre mauvaise humeur et notre arrogance ?» s’est interrogé un humoriste. Le maire d’Aguaviva a la dent mauvaise sur le sujet : «A droite comme à gauche, ces gens-là voient ça de tout en haut. Moi je bosse d’en bas et je m’en sors bien sans tapage.»
Billets. «Plus la population baisse, plus les services se dégradent ou disparaissent, et moins on a de chances d’attirer du monde,résume Luis Bricio, le maire d’Aguaviva. Le village comptait 2 000 habitants au début du XXe siècle. En l’an 2000, nous n’étions plus que 600.» Il a alors ceint son écharpe et s’est envolé vers des pays étrangers y recruter des immigrés afin de repeupler «son» village. «Attirer des Espagnols des villes ou une entreprise, même de moyenne importance, était impossible, alors je me suis dit que ça pouvait intéresser des gens venus d’ailleurs.» Il a commencé par l’Argentine, qui s’enfonçait alors dans la crise économique. Neuf familles se sont installées rapidement, d’autres ont suivi : à toutes, il a payé les billets d’avion, trouvé des promesses d’embauches pour obtenir le visa de travail. En échange, les Argentins se sont engagés à rester au moins cinq ans, sous peine de devoir rembourser les billets et les aides à l’installation. «C’étaient des familles nombreuses, continue le maire. Ça va plus vite pour repeupler l’école. Et puis, en famille, on se sent moins déraciné, c’est plus facile de s’adapter.»
Mais les Argentins n’ont pas pris racine. Presque toutes les familles s’en sont allées, qui dans d’autres villages plus importants, qui dans les villes. «J’ai l’impression qu’ils n’avaient pas envie de travailler, qu’ils étaient d’accord sur le côté "repeuplement", mais pas sur celui du boulot, estime Luis Bricio. Et puis, ils n’ont pas le même mode de vie, ils préféraient rester chez eux plutôt que d’aller au bar, là où on se fait des connaissances, des amis, ce qui permet de se sentir bien, moins seul. Les Roumains, eux, sont sur cet aspect-là plus proches de nous.»
Depuis 2004-2005, les Roumains forment de très loin le premier contingent de nouveaux immigrés en Espagne. Ils seraient aujourd’hui plus de 600 000, soit autour de 12 % du total de la population immigrée, qui elle-même a plus que doublé ces trois dernières années. A Aguaviva, les immigrés roumains pèsent près de 20 % de la population, un peu plus de 130 habitants, selon le maire. «Et quand il fallait un contrat de travail, on est allé chercher les petits entrepreneurs du coin. Ou alors, en mairie, on prenait parfois des libertés avec la loi en faisant des demandes de femmes de ménage par exemple, le temps de trouver un véritable emploi.»
«Le plus surprenant, c’est que nous venons tous, ou presque, du même village roumain, Unirea, à environ 500 km de Bucarest», raconte Daniel. C’est là -bas, en effet, que le maire Luis Bricio s’est rendu pour «recruter». Sur les conseils d’un premier immigré roumain, «mon cousin», raconte fièrement Daniel. «Aujourd’hui, dans mon village, il n’y a presque plus de jeunes. Ils vivent tous ici.» Daniel est arrivé à 27 ans, en 2001. Le maire lui avait envoyé une promesse d’embauche dans la construction, un précontrat d’une entreprise d’un bourg voisin, et il a eu son visa de travail en six mois. Daniel est arrivé avec sa femme et leur enfant, 9 ans désormais, qui fait du vélo sur la place du village avec ses copains espagnols. «Ma femme s’est habituée plus vite que moi à cette nouvelle vie. Au début, j’ai eu du mal, notamment dans mon travail, parce je ne parlais pas espagnol. Finalement, c’est le curé du village qui m’a appris la langue.» Il raconte qu’en Roumanie, il ne trouvait que des embauches précaires, pour 150 euros mensuels. «Ici, je dépassais facilement les 1 000 euros pour un emploi stable et je suis même vite passé contremaître.»
Aujourd’hui, il a laissé tomber la maçonnerie et tient le bar de l’Amitié, de l’association du troisième âge. Ses amis d’enfance d’Unirea sont pour la plupart restés dans le bâtiment, qui a tiré ces dernières années la forte croissance espagnole. «Depuis le début de la décennie, nous sommes dans un cycle où l’économie s’est surtout appuyée sur la construction ou d’autres secteurs très friands de main-d’œuvre, comme l’hôtellerie et la restauration, explique Carlos MartÃn, économiste au syndicat Comisiones Obreras. A une autre époque, ce sont des jeunes Espagnols qui auraient couvert cette nouvelle offre de travail. Mais il y a de moins en moins de jeunes, pour des raisons démographiques, et ils sont de plus en plus qualifiés. Alors, l’Espagne a eu recours à l’immigration. Le boom économique s’est fait en parallèle d’un boom de l’immigration.»
A l’échelle d’Aguaviva, Luis Bricio ne cache pas sa satisfaction. Avec soixante élèves et quatre classes, contre vingt et deux classes il y a six ans, l’école primaire est sauvée. Mais aussi, le petit hôtel - six emplois -, les quatre bars, les deux supérettes, la boulangerie, le coiffeur. «Et il n’y a plus de maisons abandonnées. Le village est rempli.»
« Coutumes». Pour la première fois, l’immigration, qui a explosé sous le mandat de Zapatero, a fait l’objet de polémiques électorales. La droite proposant d’exiger des futurs immigrés de signer un «contrat moral» les obligeant, notamment, à respecter les «coutumes espagnoles». «Même notre mauvaise humeur et notre arrogance ?» s’est interrogé un humoriste. Le maire d’Aguaviva a la dent mauvaise sur le sujet : «A droite comme à gauche, ces gens-là voient ça de tout en haut. Moi je bosse d’en bas et je m’en sors bien sans tapage.»
Quelque part ailleurs
Après la méthode Ogino Fidel Castro pratique le coïtus interruptus Mardi 19 Février 2008
Le vieux tyran cubain a donc décidé de prendre une retraite pour ne pas vivre une retraite en rase campagne. C'est donc son frère qui garde le pouvoir.
Dans un message au peuple diffusé par le quotidien Granma, Castro, qui avait pris le pouvoir il y a 49 ans, dit qu'il n'aspire ni n'acceptera un nouveau mandat présidentiel. Il annonce qu'il renonçait à "la charge de président du Conseil d'Etat et de commandant en chef".
Cette annonce met fin à l'incertitude politique qui règne à Cuba depuis que Castro avait provisoirement délégué ses pouvoirs à son frère cadet, Raul, le 31 juillet 2006 à la suite d'une intervention chirurgicale.
Castro, ça a été pour moi l'apprentissage de la politique. L'épopée du Gramna, associée au guevarisme, avait mis dans les années 60 nos petits cœurs d'adolescents en émoi. Nous pensions, comme nos parents l'avaient pensé du stalinisme, qu'à Cuba existait un petit peuple qui se battait pour son indépendance après avoir mis à la porte la Mafia et les impérialistes. Nous pensions que les difficultés du régime étaient inhérentes au blocus imposé par les USA. Puis il y a eu les terribles désillusions. Ceux qui n'ont jamais espéré ne peuvent comprendre ce que fut notre chagrin à nous qui nous étions battus, non pour nous mêmes mais pour ce concept un peu vague qu'est l'humanité. Nous pensions avoir compris pourquoi nos parents s'étaient fourvoyés. Et nous nous sommes pareillement égarés. Quand j'ai réalisé toutes ces erreurs (le plus dur fut certainement la révélation de l'horreur des khmers rouges) je me suis demandé comment l'homme allait s'en sortir.
Aujourd'hui je reste persuadé que le capitalisme (mais aussi le soi-disant communisme) bref le matérialisme mène l'homme à sa perte. Mais je sais aussi que le militantisme est vain, que la solution se situe ailleurs. Souvent je me suis interrogé sur un problème fondamental: ne vaudrait-il pas mieux dans bien des circonstances ne pas agir et laisser faire hatant ainsi la fin et donc la solution du problème. Je sais que c'est contraire à une certaine morale. Mais nous, la génération des activistes, devrions nous demander si l'agir contre ne permet à l'objet de notre ressentiment de durer plus longtemps. À Cuba par exemple, la folie américaine, a vraisemblablement suscité chez nombre de Cubains un sentiment patriotique qui a aidé les Castro à se maintenir au pouvoir.
Je n'ai pas de réponse à toutes ces questions mais j'appréhende l'avenir de Cuba. Je crains fort que la mafia qui fut chassée avec Battista ne revienne en force avec les "carpet baggers" modernes c'est-à -dire les sociétés écrans et l'argent sale. Drôle de pied de nez à l'histoire.
Cette annonce met fin à l'incertitude politique qui règne à Cuba depuis que Castro avait provisoirement délégué ses pouvoirs à son frère cadet, Raul, le 31 juillet 2006 à la suite d'une intervention chirurgicale.
Castro, ça a été pour moi l'apprentissage de la politique. L'épopée du Gramna, associée au guevarisme, avait mis dans les années 60 nos petits cœurs d'adolescents en émoi. Nous pensions, comme nos parents l'avaient pensé du stalinisme, qu'à Cuba existait un petit peuple qui se battait pour son indépendance après avoir mis à la porte la Mafia et les impérialistes. Nous pensions que les difficultés du régime étaient inhérentes au blocus imposé par les USA. Puis il y a eu les terribles désillusions. Ceux qui n'ont jamais espéré ne peuvent comprendre ce que fut notre chagrin à nous qui nous étions battus, non pour nous mêmes mais pour ce concept un peu vague qu'est l'humanité. Nous pensions avoir compris pourquoi nos parents s'étaient fourvoyés. Et nous nous sommes pareillement égarés. Quand j'ai réalisé toutes ces erreurs (le plus dur fut certainement la révélation de l'horreur des khmers rouges) je me suis demandé comment l'homme allait s'en sortir.
Aujourd'hui je reste persuadé que le capitalisme (mais aussi le soi-disant communisme) bref le matérialisme mène l'homme à sa perte. Mais je sais aussi que le militantisme est vain, que la solution se situe ailleurs. Souvent je me suis interrogé sur un problème fondamental: ne vaudrait-il pas mieux dans bien des circonstances ne pas agir et laisser faire hatant ainsi la fin et donc la solution du problème. Je sais que c'est contraire à une certaine morale. Mais nous, la génération des activistes, devrions nous demander si l'agir contre ne permet à l'objet de notre ressentiment de durer plus longtemps. À Cuba par exemple, la folie américaine, a vraisemblablement suscité chez nombre de Cubains un sentiment patriotique qui a aidé les Castro à se maintenir au pouvoir.
Je n'ai pas de réponse à toutes ces questions mais j'appréhende l'avenir de Cuba. Je crains fort que la mafia qui fut chassée avec Battista ne revienne en force avec les "carpet baggers" modernes c'est-à -dire les sociétés écrans et l'argent sale. Drôle de pied de nez à l'histoire.
Quelque part ailleurs
Dixit la fille de Martin Luther King Dimanche 17 Février 2008
Le Monde reproduit les propos de Bérénice King la fille de Martin Luther King, assassiné en avril 1968. J'en publie la fin mais le tout est à lire.
Il est urgent qu'un grand changement se produise. Nous sommes à la veille d'une élection cruciale, et je ne sais pas si j'apporterai mon soutien personnel à un candidat. Je ne l'ai encore jamais fait. Les politiciens sont pris dans de tels étaux, phagocytés par leur parti, leurs électeurs, divers groupes d'intérêt. Je me focalise donc moins sur les personnes que sur certaines grandes questions à débattre avant de se rendre aux urnes. Là encore je pense à mon père. Trois maux, disait-il, rongent l'Amérique : la pauvreté, le racisme, le militarisme. Je fais le même constat. Avez-vous vu la propagande orchestrée autour du terrorisme depuis septembre 2001 ? Cette frayeur constamment entretenue et prétexte à faire passer tant de lois répressives et attentatoires aux libertés individuelles ? Cette angoisse collective au nom de laquelle les Américains abandonnent aux autorités leurs droits et souveraineté ? Mais ce n'est pas par les "terroristes" que sont terrorisés la plupart des Américains ! C'est par leur santé et la perspective de mourir isolés et sans soins médicaux, faute d'en avoir les moyens ! Voilà la vérité !
Le racisme ? Allons ! Rien n'est réglé, et personne ne veut le dire ! Le sujet est même trop sensible pour qu'on l'aborde dans la campagne, alors on tourne autour. Mais ça bout sous la surface. Et ça explosera si l'on n'y prend garde. Régulièrement se produisent des incidents : insultes, tabassages, noeuds coulants... Cela suscite de l'émotion, on se lève, on défile. Et tout retombe sans que s'ouvre le vrai débat de la division raciale du pays. L'élection d'un président noir, quarante ans après l'assassinat de mon père, serait évidemment un message très symbolique. Mais ce pourrait n'être qu'un trompe-l'oeil, une façon pour ce pays de s'afficher non raciste quand il le demeure profondément. Il nous faudrait une initiative similaire à celle de la Commission vérité et réconciliation d'Afrique du Sud. Blancs et Noirs doivent se parler. S'expliquer. Se faire face, enfin.
Il nous faut changer de système de valeurs. Et ma responsabilité est de réinjecter celles que mon père voulait introduire en son temps. Justice, respect, liberté, générosité. Suffit, ce matérialisme qui nous rend fou ! Suffit, cet égoïsme qui nous rend aveugle aux autres. Suffit, ce système bling-bling qu'accompagne d'ailleurs une dégradation de la situation des femmes. Moi, je veux m'adresser aux jeunes par les canaux qui les touchent le plus - le rap, la mode, les images - pour leur proposer un autre idéal. Je veux élever le niveau, voilà . Faire en sorte que dans leurs rêves, les enfants ne se demandent plus : "Comment pourrais-je bien devenir riche ?", mais "Comment vais-je pouvoir améliorer le monde plus tard ?". C'est tout de même plus excitant !
Dieu m'a fait cadeau du nom de King, qui veut dire roi. Mon père était un roi, c'est-à -dire qu'il a toujours levé la tête, comme le font les souverains sur leur trône, pour avoir une plus large perspective sur ce réseau de liens inextricables qui unissent les humains dans un même destin. Il a toujours refusé d'être sujet, réduit à l'humiliation, à la ségrégation.
Eh bien, c'est le message que je veux faire passer aux jeunes. Soyez des kings ! Soyez des rois ! Choisissez votre vie, vos valeurs, vos références. Ne soyez plus sujets. Elevez-vous, relevez vos critères ! Vous méritez beaucoup mieux !
Le racisme ? Allons ! Rien n'est réglé, et personne ne veut le dire ! Le sujet est même trop sensible pour qu'on l'aborde dans la campagne, alors on tourne autour. Mais ça bout sous la surface. Et ça explosera si l'on n'y prend garde. Régulièrement se produisent des incidents : insultes, tabassages, noeuds coulants... Cela suscite de l'émotion, on se lève, on défile. Et tout retombe sans que s'ouvre le vrai débat de la division raciale du pays. L'élection d'un président noir, quarante ans après l'assassinat de mon père, serait évidemment un message très symbolique. Mais ce pourrait n'être qu'un trompe-l'oeil, une façon pour ce pays de s'afficher non raciste quand il le demeure profondément. Il nous faudrait une initiative similaire à celle de la Commission vérité et réconciliation d'Afrique du Sud. Blancs et Noirs doivent se parler. S'expliquer. Se faire face, enfin.
Il nous faut changer de système de valeurs. Et ma responsabilité est de réinjecter celles que mon père voulait introduire en son temps. Justice, respect, liberté, générosité. Suffit, ce matérialisme qui nous rend fou ! Suffit, cet égoïsme qui nous rend aveugle aux autres. Suffit, ce système bling-bling qu'accompagne d'ailleurs une dégradation de la situation des femmes. Moi, je veux m'adresser aux jeunes par les canaux qui les touchent le plus - le rap, la mode, les images - pour leur proposer un autre idéal. Je veux élever le niveau, voilà . Faire en sorte que dans leurs rêves, les enfants ne se demandent plus : "Comment pourrais-je bien devenir riche ?", mais "Comment vais-je pouvoir améliorer le monde plus tard ?". C'est tout de même plus excitant !
Dieu m'a fait cadeau du nom de King, qui veut dire roi. Mon père était un roi, c'est-à -dire qu'il a toujours levé la tête, comme le font les souverains sur leur trône, pour avoir une plus large perspective sur ce réseau de liens inextricables qui unissent les humains dans un même destin. Il a toujours refusé d'être sujet, réduit à l'humiliation, à la ségrégation.
Eh bien, c'est le message que je veux faire passer aux jeunes. Soyez des kings ! Soyez des rois ! Choisissez votre vie, vos valeurs, vos références. Ne soyez plus sujets. Elevez-vous, relevez vos critères ! Vous méritez beaucoup mieux !
Quelque part ailleurs
Une histoire de mouflons corses Mercredi 13 Février 2008
Isa m'envoie cet article de Libé assorti du commentaire suivant: "où l'on apprend que les mouflons corses sont drolement coriaces, et que l'Homme n'arrête pas de rompre de fragiles équilibres, sans même s'en rendre compte.."
Ou sans trop réfléchir…
S'il te plaît, décime-moi un mouflon...
La remise à flots de notre chaland a permis d'effectuer enfin le comptage annuel des mouflons de l'île Haute qui sert de base à l'établissement du plan de chasse fixant le nombre à abattre pour maintenir leur total à un niveau raisonnable.
Leur introduction aux Kerguelen date de 1956 quand deux spécimens provenant du zoo de Vincennes furent placés au centre du Golfe du Morbihan, sur le minuscule îlot Blakeney (2,5 km2), mais périrent rapidement. L'expérience sera néanmoins réitérée avec succès l'année suivante sur l'île Haute où un autre couple vint y rejoindre trois rennes suédois.
Sur ce terrain escarpé, les deux populations vont conjointement prospérer jusqu'à atteindre chacune une centaine de têtes à la fin des années 60. En raison des ressources alimentaires limitées, la cohabitation va ensuite commencer à poser problème et les mouflons, d'origine corse, revendiqueront leur indépendance sur cette île de beauté jusqu'à contraindre les cervidés à rejoindre progressivement à la nage leurs congénères également installés sur la Grande Terre.
Seuls maîtres de leur Empire dès 1980, sans prédateurs et bénéficiant de l'implantation en 1972 d'une douzaine d'espèces de plantes fourragères comme le ray-gras, le dactyle ou la fétuque des près, le nombre des porteurs de bicorne va croître à une vitesse jamais observée en Europe. Ce baby-boom incontrôlé aura hélas de funestes conséquences, plus de la moitié des animaux disparaissant au cours de pics de famine hivernale survenant à peu près tous les 5 ans. Ces hécatombes chroniques touchant essentiellement les mâles et les agneaux, les femelles épargnées reconstituaient en effet chaque fois le cheptel jusqu'à dépasser les 600 bêtes sur à peine 9 km2 de pierriers.
Afin de mettre un terme à ce morbide phénomène, l'administration des TAAF a décidé de mettre en place à partir de 2003 un programme de régulation cynégétique en concertation avec l'Office National de la Chasse. Pour paraphraser George W. Bush parlant des Irakiens, nous les tuons donc pour éviter qu'ils ne meurent. Bien que piètres nageurs, quelques affamés auraient aussi pu un jour tenter la traversée, voire soudoyer des éléphants de mer pour le convoyage et coloniser à leur tour la Grande Terre, rendant alors impossible le moindre contrôle. Chaque année, un VCAT «environnement» est ainsi recruté pour -entre autres- en éliminer quelques dizaines accompagné des autres chasseurs volontaires de la base, généralement ravis d'une telle aubaine de compléter leur collection de trophées. Les carcasses desséchées qui parsèment notre parcours témoignent aujourd'hui de leur adresse même si la viande est souvent ramenée jusqu'à la base pour satisfaire notre curiosité gastronomique.
Reste que sur l'un des rares endroits préservés des rats et des lapins sur lequel pourrait encore s'épanouir la flore originelle des Kerguelen, l'intérêt du maintien de cette espèce allogène fait débat. De plus, l'accident qui coûta ici la vie à Jacky en 2000 a tragiquement rappelé que le maniement d'arme à feu n'était pas anodin. D'un autre côté, leur éradication risquerait de favoriser l'invasion des graminées introduites qui pourraient contaminer le reste de l'archipel si elles n'étaient plus broutées. Ce dilemme résume toute la complexité de la gestion actuelle d'un fragile écosystème qui a déjà beaucoup souffert des imprudences de l'implantation humaine.
Pour l'instant, l'ongulé de sa race a encore un peu de répit puisque malgré la tenue de camouflage revêtue par quelques-uns, les douze comptables qui scrutent consciencieusement les falaises rocailleuses ne sont armés que de jumelles ou d'appareils photos. Les désormais gibiers ont appris à se méfier et se montrent très farouches, des coqs ovins aux virils attributs de kératine contemplant nos faits et gestes depuis le haut de la corniche qui domine le Golfe à 321 mètres au dessus de la mer, soit presque la taille de la tour Eiffel...
En parcourant la totalité de la surface de leur territoire en ligne transversale, nous avons pu recenser 284 individus, chiffre que Maxime tentera de réduire de plus de la moitié d'ici à l'année prochaine avec les fines gâchettes de Port-aux-Français. Pour circonscrire le rythme infernal des naissances, le tir des femelles sera privilégié : galanterie et écologie ne font visiblement pas bon ménage !
Les gars de la marine nous ont attendu de l'autre côté de l'île en préparant un barbecue réparateur en face de la splendide cabane lambrissée donnant sur un amour de fjord. C'est pourtant Thierry le gérant postal qui nous ramènera à bon port sous l'étroite surveillance du bosco Yannick qui lui a confié le gouvernail de l'Aventure II. Pas sûr en revanche qu'il aille coller des timbres le lendemain !
Pour clore tout à fait cette journée enchanteresse, de superbes dauphins de Commerson, à la courte tête noire et au dos gris clair, viennent comme souvent saluer le navire tandis que le soleil disparaît lentement derrière les contreforts de l'île Haute. La fatigue nous envahit peu à peu et le sommeil en gagne déjà quelques-uns, évidemment à force de compter des mouflons !!
La remise à flots de notre chaland a permis d'effectuer enfin le comptage annuel des mouflons de l'île Haute qui sert de base à l'établissement du plan de chasse fixant le nombre à abattre pour maintenir leur total à un niveau raisonnable.
Leur introduction aux Kerguelen date de 1956 quand deux spécimens provenant du zoo de Vincennes furent placés au centre du Golfe du Morbihan, sur le minuscule îlot Blakeney (2,5 km2), mais périrent rapidement. L'expérience sera néanmoins réitérée avec succès l'année suivante sur l'île Haute où un autre couple vint y rejoindre trois rennes suédois.
Sur ce terrain escarpé, les deux populations vont conjointement prospérer jusqu'à atteindre chacune une centaine de têtes à la fin des années 60. En raison des ressources alimentaires limitées, la cohabitation va ensuite commencer à poser problème et les mouflons, d'origine corse, revendiqueront leur indépendance sur cette île de beauté jusqu'à contraindre les cervidés à rejoindre progressivement à la nage leurs congénères également installés sur la Grande Terre.
Seuls maîtres de leur Empire dès 1980, sans prédateurs et bénéficiant de l'implantation en 1972 d'une douzaine d'espèces de plantes fourragères comme le ray-gras, le dactyle ou la fétuque des près, le nombre des porteurs de bicorne va croître à une vitesse jamais observée en Europe. Ce baby-boom incontrôlé aura hélas de funestes conséquences, plus de la moitié des animaux disparaissant au cours de pics de famine hivernale survenant à peu près tous les 5 ans. Ces hécatombes chroniques touchant essentiellement les mâles et les agneaux, les femelles épargnées reconstituaient en effet chaque fois le cheptel jusqu'à dépasser les 600 bêtes sur à peine 9 km2 de pierriers.
Afin de mettre un terme à ce morbide phénomène, l'administration des TAAF a décidé de mettre en place à partir de 2003 un programme de régulation cynégétique en concertation avec l'Office National de la Chasse. Pour paraphraser George W. Bush parlant des Irakiens, nous les tuons donc pour éviter qu'ils ne meurent. Bien que piètres nageurs, quelques affamés auraient aussi pu un jour tenter la traversée, voire soudoyer des éléphants de mer pour le convoyage et coloniser à leur tour la Grande Terre, rendant alors impossible le moindre contrôle. Chaque année, un VCAT «environnement» est ainsi recruté pour -entre autres- en éliminer quelques dizaines accompagné des autres chasseurs volontaires de la base, généralement ravis d'une telle aubaine de compléter leur collection de trophées. Les carcasses desséchées qui parsèment notre parcours témoignent aujourd'hui de leur adresse même si la viande est souvent ramenée jusqu'à la base pour satisfaire notre curiosité gastronomique.
Reste que sur l'un des rares endroits préservés des rats et des lapins sur lequel pourrait encore s'épanouir la flore originelle des Kerguelen, l'intérêt du maintien de cette espèce allogène fait débat. De plus, l'accident qui coûta ici la vie à Jacky en 2000 a tragiquement rappelé que le maniement d'arme à feu n'était pas anodin. D'un autre côté, leur éradication risquerait de favoriser l'invasion des graminées introduites qui pourraient contaminer le reste de l'archipel si elles n'étaient plus broutées. Ce dilemme résume toute la complexité de la gestion actuelle d'un fragile écosystème qui a déjà beaucoup souffert des imprudences de l'implantation humaine.
Pour l'instant, l'ongulé de sa race a encore un peu de répit puisque malgré la tenue de camouflage revêtue par quelques-uns, les douze comptables qui scrutent consciencieusement les falaises rocailleuses ne sont armés que de jumelles ou d'appareils photos. Les désormais gibiers ont appris à se méfier et se montrent très farouches, des coqs ovins aux virils attributs de kératine contemplant nos faits et gestes depuis le haut de la corniche qui domine le Golfe à 321 mètres au dessus de la mer, soit presque la taille de la tour Eiffel...
En parcourant la totalité de la surface de leur territoire en ligne transversale, nous avons pu recenser 284 individus, chiffre que Maxime tentera de réduire de plus de la moitié d'ici à l'année prochaine avec les fines gâchettes de Port-aux-Français. Pour circonscrire le rythme infernal des naissances, le tir des femelles sera privilégié : galanterie et écologie ne font visiblement pas bon ménage !
Les gars de la marine nous ont attendu de l'autre côté de l'île en préparant un barbecue réparateur en face de la splendide cabane lambrissée donnant sur un amour de fjord. C'est pourtant Thierry le gérant postal qui nous ramènera à bon port sous l'étroite surveillance du bosco Yannick qui lui a confié le gouvernail de l'Aventure II. Pas sûr en revanche qu'il aille coller des timbres le lendemain !
Pour clore tout à fait cette journée enchanteresse, de superbes dauphins de Commerson, à la courte tête noire et au dos gris clair, viennent comme souvent saluer le navire tandis que le soleil disparaît lentement derrière les contreforts de l'île Haute. La fatigue nous envahit peu à peu et le sommeil en gagne déjà quelques-uns, évidemment à force de compter des mouflons !!
Quelque part ailleurs
De la jungle à l'orphelinat, l'épopée du petit Emmanuel Samedi 12 Janvier 2008
José Gomez, l'homme à qui la guérilla des Farc avait confié l'enfant de Clara Rojas, a raconté son histoire à Pascale Mariani et Roméo Langlois du Figaro.
Dans le bunker de la police judiciaire de Bogota, José Crisanto Gomez Tapiero n'en revient pas. «Je me demande encore pourquoi c'est à moi qu'ils ont confié cet enfant», explique ce paysan de 39 ans, à la peau tannée par la vie laborieuse des colons amazoniens. Ses mains sont crevassées, ses habits usés. Il rejoue sans cesse dans sa tête le film incroyable qui a commencé pour lui un jour de janvier 2005, quand des guérilleros lui ont remis le petit Emmanuel, l'enfant né en captivité de Clara Rojas et de l'un de ses geôliers.
José Gomez vivait avec sa femme et ses cinq enfants sur les rives du fleuve Inirida, dans la maison de son beau-père, un guérisseur indien. Une existence misérable rythmée par les récoltes de la coca, matière première de la cocaïne, pilier de l'économie locale. Et régie par la loi des Farc, véritable autorité de ces régions reculées, à plusieurs heures de bateau du village le plus proche.
Ce jour de janvier, un couple de guérilleros débarque d'une vedette rapide et lui remet un bébé sans nom. «Il avait le bras cassé et des piqûres de leishmaniose, s'émeut José Gomez. C'était triste de voir un enfant si jeune dans cet état.» Les guérilleros promettent de repasser le lendemain. Ils ne reviennent que quatre mois plus tard. «Ils ont caressé l'enfant et j'ai entendu une guérillera dire qu'il devrait s'appeler Juan David, comme son père.» Le petit Emmanuel deviendra Juan David Gomez Tapiero, quand José Gomez se dira son grand-oncle pour l'enregistrer à l'état-civil. «L'enfant semblait une charge pour les guérilleros, comme s'ils voulaient s'en débarrasser.» Les enfants de José se prennent d'affection pour ce bébé à la peau claire, qui se traîne de son bras valide sur la terre battue de la bicoque familiale. Le beau-père indien lui applique des cataplasmes sur ses piqûres de leishmaniose mais ne peut rien pour son bras.
Les mois passent, les relations du colon avec les Farc se détériorent. Il refuse que ses enfants participent à des réunions politiques. Il finit par craindre pour sa vie. L'un de ses enfants a le paludisme, le petit Juan David n'est pas totalement guéri. La famille entière se transporte en juin 2005 au village d'El Retorno, avec quelques affaires, et s'y entasse dans une pièce. L'enfant des Farc est emmené à l'hôpital de San José del Guaviare, la capitale régionale. «Quand ils ont vu son état, ils l'ont hospitalisé. Et c'est comme ça qu'il est tombé entre les mains des services sociaux.»
Alors que José sort de l'hôpital, un homme l'intercepte et se présente comme membre des Farc. «Je sais que vous avez laissé l'enfant. Inventez ce que vous voulez, mais vous devez en répondre, sinon nous savons où trouver vos enfants.» Quelques jours plus tard, José est à peine rentré au village qu'un autre homme lui demande des nouvelles de l'enfant. «Je ne pouvais pas leur dire que j'avais perdu sa garde. Ils m'auraient tué aussi sec», poursuit José Gomez. Le colon ment à la guérilla. «Je leur ai dit que l'enfant vivait à présent à Bogota chez l'une de mes sœurs, une personne très bien. Ça les a tranquillisés. Pendant plusieurs mois, ils m'ont foutu la paix.»
En septembre 2007, les Farc se refont pressants. José Gomez est convoqué au campement d'un commandant pour s'expliquer. «Je ne peux pas y aller, j'ai beaucoup de travail», louvoie le colon. Les semaines passent, les menaces se précisent. José en parle à un ami. «Et si c'était l'enfant de Clara Rojas…» , risque ce dernier. Gomez refuse d'y croire. La guérilla lui aurait confié à lui, misérable paysan, le fils d'«une dame si importante» ? Le doute s'installe.
Au moment où il apprend que les Farc se sont engagées à remettre au président vénézuélien Hugo Chavez trois de leurs otages, dont le fils de Clara Rojas, les pressions des Farc redoublent. Le 27 décembre, on le somme de remonter le fleuve immédiatement avec l'enfant. José se sent suivi, traqué. Le dernier week-end de décembre, les médias du monde entier attendent, à Caracas et dans la ville colombienne de Villavicencio, le dénouement de l'opération «Emmanuel» la mission humanitaire orchestrée par Chavez pour aller récupérer les otages en Colombie. À San José del Guaviare, José Gomez décide de tout avouer aux autorités. Mais tous les bureaux sont fermés : pas un fonctionnaire pour recevoir sa plainte.
Le 31 décembre, le président Alvaro Uribe, lors d'une visite à Villavicencio, abat sa carte maîtresse devant des journalistes sidérés : la guérilla prétexte des opérations militaires pour ne pas libérer les trois otages, mais en fait elle ne détient plus l'un des otages : le jeune Emmanuel. Les services colombiens ont retrouvé la trace de l'enfant dans un orphelinat de Bogota. Un certain José Gomez Tapiero le réclame avec insistance. Le doute n'est plus permis. José Gomez en tremble encore : «C'était la première fois que j'entendais mon nom à la télévision. Mais jamais je n'ai voulu remettre l'enfant aux guérilleros», jure le paysan.
Une demi-heure après le discours présidentiel, alors que José Gomez longe les murs en s'attendant à tout moment à recevoir une balle des Farc, des motos de la police arrivent en trombe. Depuis le 2 janvier, le témoin clé, sa femme et ses enfants ont été mis à l'abri par la justice colombienne, avec le degré de protection maximal. José Gomez espère maintenant trouver asile à l'étranger. «C'est à cause de moi que la guérilla a été internationalement ridiculisée. Et ça, ils ne me le pardonneront jamais.»
José Gomez vivait avec sa femme et ses cinq enfants sur les rives du fleuve Inirida, dans la maison de son beau-père, un guérisseur indien. Une existence misérable rythmée par les récoltes de la coca, matière première de la cocaïne, pilier de l'économie locale. Et régie par la loi des Farc, véritable autorité de ces régions reculées, à plusieurs heures de bateau du village le plus proche.
Ce jour de janvier, un couple de guérilleros débarque d'une vedette rapide et lui remet un bébé sans nom. «Il avait le bras cassé et des piqûres de leishmaniose, s'émeut José Gomez. C'était triste de voir un enfant si jeune dans cet état.» Les guérilleros promettent de repasser le lendemain. Ils ne reviennent que quatre mois plus tard. «Ils ont caressé l'enfant et j'ai entendu une guérillera dire qu'il devrait s'appeler Juan David, comme son père.» Le petit Emmanuel deviendra Juan David Gomez Tapiero, quand José Gomez se dira son grand-oncle pour l'enregistrer à l'état-civil. «L'enfant semblait une charge pour les guérilleros, comme s'ils voulaient s'en débarrasser.» Les enfants de José se prennent d'affection pour ce bébé à la peau claire, qui se traîne de son bras valide sur la terre battue de la bicoque familiale. Le beau-père indien lui applique des cataplasmes sur ses piqûres de leishmaniose mais ne peut rien pour son bras.
Les mois passent, les relations du colon avec les Farc se détériorent. Il refuse que ses enfants participent à des réunions politiques. Il finit par craindre pour sa vie. L'un de ses enfants a le paludisme, le petit Juan David n'est pas totalement guéri. La famille entière se transporte en juin 2005 au village d'El Retorno, avec quelques affaires, et s'y entasse dans une pièce. L'enfant des Farc est emmené à l'hôpital de San José del Guaviare, la capitale régionale. «Quand ils ont vu son état, ils l'ont hospitalisé. Et c'est comme ça qu'il est tombé entre les mains des services sociaux.»
Alors que José sort de l'hôpital, un homme l'intercepte et se présente comme membre des Farc. «Je sais que vous avez laissé l'enfant. Inventez ce que vous voulez, mais vous devez en répondre, sinon nous savons où trouver vos enfants.» Quelques jours plus tard, José est à peine rentré au village qu'un autre homme lui demande des nouvelles de l'enfant. «Je ne pouvais pas leur dire que j'avais perdu sa garde. Ils m'auraient tué aussi sec», poursuit José Gomez. Le colon ment à la guérilla. «Je leur ai dit que l'enfant vivait à présent à Bogota chez l'une de mes sœurs, une personne très bien. Ça les a tranquillisés. Pendant plusieurs mois, ils m'ont foutu la paix.»
En septembre 2007, les Farc se refont pressants. José Gomez est convoqué au campement d'un commandant pour s'expliquer. «Je ne peux pas y aller, j'ai beaucoup de travail», louvoie le colon. Les semaines passent, les menaces se précisent. José en parle à un ami. «Et si c'était l'enfant de Clara Rojas…» , risque ce dernier. Gomez refuse d'y croire. La guérilla lui aurait confié à lui, misérable paysan, le fils d'«une dame si importante» ? Le doute s'installe.
Au moment où il apprend que les Farc se sont engagées à remettre au président vénézuélien Hugo Chavez trois de leurs otages, dont le fils de Clara Rojas, les pressions des Farc redoublent. Le 27 décembre, on le somme de remonter le fleuve immédiatement avec l'enfant. José se sent suivi, traqué. Le dernier week-end de décembre, les médias du monde entier attendent, à Caracas et dans la ville colombienne de Villavicencio, le dénouement de l'opération «Emmanuel» la mission humanitaire orchestrée par Chavez pour aller récupérer les otages en Colombie. À San José del Guaviare, José Gomez décide de tout avouer aux autorités. Mais tous les bureaux sont fermés : pas un fonctionnaire pour recevoir sa plainte.
Le 31 décembre, le président Alvaro Uribe, lors d'une visite à Villavicencio, abat sa carte maîtresse devant des journalistes sidérés : la guérilla prétexte des opérations militaires pour ne pas libérer les trois otages, mais en fait elle ne détient plus l'un des otages : le jeune Emmanuel. Les services colombiens ont retrouvé la trace de l'enfant dans un orphelinat de Bogota. Un certain José Gomez Tapiero le réclame avec insistance. Le doute n'est plus permis. José Gomez en tremble encore : «C'était la première fois que j'entendais mon nom à la télévision. Mais jamais je n'ai voulu remettre l'enfant aux guérilleros», jure le paysan.
Une demi-heure après le discours présidentiel, alors que José Gomez longe les murs en s'attendant à tout moment à recevoir une balle des Farc, des motos de la police arrivent en trombe. Depuis le 2 janvier, le témoin clé, sa femme et ses enfants ont été mis à l'abri par la justice colombienne, avec le degré de protection maximal. José Gomez espère maintenant trouver asile à l'étranger. «C'est à cause de moi que la guérilla a été internationalement ridiculisée. Et ça, ils ne me le pardonneront jamais.»
Quelque part ailleurs
Hugo Chavez réhabilité par les FARC Vendredi 11 Janvier 2008
La libération de deux des otages détenus par les FARC remet en selle Hugo Chavez un moment ridiculisé par la découverte du petit Emmanuel dans un orphelinat de Bogota.
Fichu sentiment de malaise provoqué par la libération de Carla Rojas et de Consuelo Gonzalez. C'est d'abord de la joie car les deux femmes retrouvent la liberté après cinq ans de captivité. La famille d'Ingrid Betancourt y voit un signe favorable pour la libération d'autres otages. Le malaise vient de la présence à Caracas de l'ambassadeur de Cuba et de la phrase lancée par le président Chavez aux deux femmes: "Bienvenue dans ce retour à la vie." Il ne fait plus aucun doute que la libération des deux otages aurait pu arriver plus tôt si Cuba et le Venezuela avaient fait pression plus tôt. J'ai un peu l'impression d'une répartition des rôles entre les gardiens et les complices, entre le flic brutal et le flic gentil. Il est important d'affirmer que la prise d'otages est un moyen particulièrement répugnant d'accumuler des atouts. Les guerilleros emprisonnés par le régime de Bogota le sont à cause d'actions violentes (justifiées ou non justifiées) volontaires. Les otages ont été pris pour servir de monnaie d'échanges. Rien de plus.
Il ne faudrait donc pas que par un réflexe compréhensible, on trouve soudain les FARC formidables parce qu'elles ont libéré deux personnes (sur 4000) qu'elles détenaient. Hugo Chavez a obtenu cette libération parce qu'il avait perdu la face après qu'on ait découvert le petit Emmanuel dans un orphelinat de Bogota. J'imagine les pressions inimaginables du président vénézuelien et de Cuba sur la guerilla pour que ce pion fondamental qu'est Chavez soit réhabilité. C'est désormais chose faite. Mais je doute que ces libérations augure bien de l'avenir si le président Uribe ne fait pas un geste à son tour. Or Uribe ne fera rien qui puisse améliorer l'image des FARC, l'organisation qui a tué son père. On oublie trop souvent que la Colombie est un pays où la notion de l'honneur, celle de la haine et de la vendetta sont identiques à celles de la Méditerranée. Le sang n'est pas de l'eau, dit on en Corse (u sangui ùn hè micca l'acqua). Et si les Etats-Unis ne s'y mettent pas, les otages en ont encore pour des années et des années car désormais Chavez et Cuba ne bougeront plus le petit doigt.
Il ne faudrait donc pas que par un réflexe compréhensible, on trouve soudain les FARC formidables parce qu'elles ont libéré deux personnes (sur 4000) qu'elles détenaient. Hugo Chavez a obtenu cette libération parce qu'il avait perdu la face après qu'on ait découvert le petit Emmanuel dans un orphelinat de Bogota. J'imagine les pressions inimaginables du président vénézuelien et de Cuba sur la guerilla pour que ce pion fondamental qu'est Chavez soit réhabilité. C'est désormais chose faite. Mais je doute que ces libérations augure bien de l'avenir si le président Uribe ne fait pas un geste à son tour. Or Uribe ne fera rien qui puisse améliorer l'image des FARC, l'organisation qui a tué son père. On oublie trop souvent que la Colombie est un pays où la notion de l'honneur, celle de la haine et de la vendetta sont identiques à celles de la Méditerranée. Le sang n'est pas de l'eau, dit on en Corse (u sangui ùn hè micca l'acqua). Et si les Etats-Unis ne s'y mettent pas, les otages en ont encore pour des années et des années car désormais Chavez et Cuba ne bougeront plus le petit doigt.