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M. Soros : 'Nous n'avons pas touché le fond'  Jeudi 10 Avril 2008



La crise des subprimes, du nom de ces crédits immobiliers américains à risques, inquiète tant qu'elle a fait sortir de sa retraite le milliardaire américain George Soros (77 ans). L'ancien gérant, qui a fait fortune en misant en 1992 sur la sortie de la livre du système monétaire européen, a livré, mercredi 9 avril, son analyse de la crise. Et M. Soros n'est pas rassurant. Or, selon moi, M. Soros est l'un des acteurs-observateurs les plus attentifs du marché mondial.



Alors que le Fonds monétaire international (FMI) a jeté un froid sur les marchés en estimant, mardi, le coût de la crise à 945 milliards de dollars (600 milliards d'euros), M. Soros juge ce montant "juste" et estime qu'il "peut encore grossir". "Nous n'avons pas encore touché le fond. Cette crise est la pire que l'on ait jamais connu depuis 1930", ajoute-t-il. Selon lui, l'économie américaine est probablement déjà en récession, l'inflation progresse, et, après la sphère financière, l'économie réelle sera touchée.

Qui blâmer ? Pour M. Soros, les racines du mal remontent aux années 1980 et aux théories économiques ultralibérales des "fondamentalistes", appliquées notamment par l'ex-président américain Ronald Reagan et l'ancienne premier ministre britannique Margaret Thatcher. " On a alors cru que les marchés étaient efficients. Qu'ils pourraient corriger leurs propres excès. Ce paradigme est faux", affirme le milliardaire.

Et ce dernier d'accuser les régulateurs d'avoir laissé se développer un marché du crédit échappant à leur surveillance où se sont échangés une multitude de produits dérivés de crédits comme les CDS (credit default swaps) alimentant bulles et "super bulles", sur les marchés financiers et immobilier. "La crise est venue de produits dont j'ignorais l'existence", note le septuagénaire.

Comment, dès lors, sauver l'économie ? Opposé à un encadrement strict des marchés, M. Soros prône une limitation du recours à l'emprunt pour tous, y compris pour les fonds spéculatifs (hedge funds) dont il a été l'un des créateurs. M. Soros, recommande aussi l'humilité : "Les marchés comme les régulateurs sont faits d'hommes et sont donc imparfaits." Il faudrait tenir compte de ce "nouveau paradigme" et être prêt à adapter sans cesse les contrôles. "Nous ne devons pas négliger l'incertitude propre aux marchés", conclut-il.

le Jeudi 10 Avril 2008 à 23:11 | Permalien | Commentaires (1)



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Gabriel Xavier Culioli



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