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Les très étranges et très démagogues propos de Nicolas Sarkozy  Mercredi 04 Avril 2007

Nicolas Sarkozy a longuement dénoncé mardi 3 avril à Lanester dans le Morbihan, près de Lorient, la "fraude" et les "fraudeurs" qu'il a opposés à "la France qui travaille". Une semaine après les violents incidents de la gare du Nord à Paris, Nicolas Sarkozy a poursuivi la polémique qu'il sait porteuse sur ces événements, dans une réunion publique rassemblant plusieurs milliers de personnes.

Dans cette région de pêche, Nicolas Sarkozy a exalté les vertus des marins "qui ne fraudent pas, ne trichent pas". "Aucune violence n'est acceptable dans la République, mais (...) je ne mets pas, je ne mettrai jamais sur le même plan la colère des pêcheurs qui ne veulent pas mourir et la violence gratuite des fraudeurs et des voyous", a-t-il insisté.

En 1994, le Parlement de Bretagne à Rennes avait brûlé à la fin d'une manifestation violente de pêcheurs, une fusée utilisée par les manifestants étant tombée sur le toit de l'édifice.

Les très étranges et très démagogues propos de Nicolas Sarkozy
Nicolas Sarkozy est un démagogue. C'est aussi un fauteur de troubles. Lors des manifestations de 1994, des membres des forces de l'ordre avaient été grièvement blessés par des manifestants ivres et armés de fusées de détresse, de barre de fer, de haches. Un médecin avait alors diagnostiqué des "blessures de guerre".

Quand les émeutes ont éclaté en banlieue, Nicolas Sarkozy avait dénoncé les "tentatives d'assassinat" contre les CRS et les gendarmes mobiles. En quoi une tentative de meurtre serait-elle à ses yeux plus justifiée quand elle est commise par un pêcheur plutôt que par un jeune de banlieue? Comment expliquer que l'incendie d'un monument historique par des manifestants serait moins grave que la destruction d'un centre commercial?

Pourquoi la violence corse qui a pour origine le refus d'un peuple de mourir serait moins légitime que celle d'une catégorie sociale "qui ne veut pas mourir"?

Les propos de Nicolas Sarkozy sont indignes car, au bout du compte, ils légitiment la violence d'où qu'elles vienne. On ne voit en effet pas pourquoi Monsieur Sarkozy, l'enfant de Neuilly, serait l'arbitre des légitimités desespérées de la France moderne.

Ou la violence est un moyen légitime de lutte dans un pays démocratique ou elle ne l'est pas. Un point c'est tout.

L'incendie en 1994 du Parlement de Rennes

Ce bâtiment abritait autrefois le Parlement de Bretagne, qui était l'un des 13 parlements provinciaux de l'ancien régime.

La cour du Parlement de Bretagne apparaît vers 1382, sous le Duc Jean IV (qui débarqua à Dinard en 1379 et à l'origine du chant An Alarc'h). Elle forme la cour suprême des quelques 2 300 juridictions Bretonnes. Avant, les seuls recours possibles ne pouvaient avoir lieu qu'auprès du Parlement de Paris.

Vingt ans après le rattachement de la Bretagne à la France, en 1554, le roi de France Henri II entérine la création d'un Parlement en Bretagne, calqué sur celui de Paris. Il est fixé définitivement à Rennes.

Le Parlement joue aussi un rôle législatif et politique. 100 à 120 Conseillers ou Présidents y siègent régulièrement.

La construction du Palais du Parlement de Bretagne dure de 1618 à 1654. Elle est financée par une taxe d'octroi.
Les aménagements intérieurs sont longs et soigneux. Ils durent une vingtaine d'années.
Les plus grands artistes sont appelés pour réaliser les peintures et fresques sur les murs et plafonds.
Aux siècles suivants, de superbes tapisseries sont réalisées à la Manufacture des Gobelins pour en décorer les murs. Plusieurs thèmes de l'histoire de Bretagne y sont traités : Anéantissement de la flotte Vénète par Jules César, Gradlon et Saint-Gwénolé, sacre de Nominoé, etc ...

Au terme d'un chantier qui a duré plus d'un demi-siècle, et qui s'est poursuivi bien après, le Palais du Parlement de Bretagne est devenu l'un des plus beaux monuments de France. On n'a rien épargné. Il parait même que le Roi de France lui-même n'est pas mieux logé, à Versailles ou à Fontainebleau, que les parlementaires bretons en leur palais rennais.

En 1720, le Palais du Parlement de Bretagne échappe au grand incendie qui ravage la ville de Rennes. C'est alors le seul édifice en pierre de la ville. Tous les autres sont en bois.

La Révolution de 1789 signifie l'arrêt du Parlement de Bretagne. Mais de nouvelles activités vont trouver place dans le Palais : Jusqu'à l'incendie de 1994, plusieurs cours de la Justice Française y siégeaient.

Au lendemain de l'incendie, en 1994, par des pêcheurs en colère, les Bretons se mobilisent. Une association « Bretagne - Histoire, pour la renaissance du Palais du Parlement de Bretagne » collecte des fonds au bénéfice de la restauration.

Plusieurs éditeurs de Bretagne se regroupent pour publier des ouvrages dont la vente va à l'association.
L'état français, la région, la ville de Rennes apportent leur quote-part.

En 1998, les différentes cours de la Justice Française ont retrouvé leur place au sein d'un Palais du Parlement de Bretagne rénové.

le Mercredi 04 Avril 2007 à 15:11 | Permalien | Commentaires (0)


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Gabriel Xavier Culioli



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