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Livres et écrits
Le marxisme, ancienne religion au rebut Dimanche 20 Mai 2007
Le marxisme fut le témoignage d'un moment. Et malheureusement, son idéologie messianique fut statufiée par ses épigones.
Je reprends un texte de François Fourquet en le transformant à ma sauce personnelle.
On a souvent comparé le communisme à une religion, mais ce qu'on visait surtout par cette remarque, c'est la forme mystique et même fanatique de la croyance au socialisme, et non cette croyance elle même.
On a cru qu'il s'agissait d'une simple idéologie qui ressemblait à la religion, sans découvrir qu'il s'agit bel et bien, dans sa racine libidinale, d'une religion. Dieu devient la Science : comme lui, elle juge ce qui se passe du point de vue du but final.
Son Royaume devient le socialisme: toute la perfection du Monde réel y est actualisée, et cette perfection n'est autre que l'incarnation historique, c'est à dire la réalisation scientifiquement prévue du mode de production socialiste.
Aujourd'hui, l'incidence pratique de cette religion est double. D'un côté elle est en quelque sorte négative: paradoxalement, bien qu'elle ait conduit les bolcheviks à l'assaut du pouvoir, elle impuissante le prolétariat en le mettant l'arme au pied, il n'a rien d'autre à faire qu'à survivre et à attendre sa propre victoire.
De l'autre, elle est positive: elle stimule les puissances réactives qui l'ont fait naître en leur fournissant le fantasme qui ravive leur ressentiment. En un mot, par l'espoir qu'elle suscite dans une histoire imaginaire, elle maintient la servitude de l'histoire réelle.
Tout le terrible paradoxe du marxisme tient ici : Marx pensait, par sa prophétie de l'issue “nécessaire de la lutte des classes”, susciter les énergies du prolétariat. 100 ans plus tard, on s'aperçoit que jamais croyance n'a plus puissamment stérilisé ces forces, et jamais autant depuis qu'en Union soviétique et en Chine cette espérance semble avoir trouvé sa réalisation !
Étrange énigme . la croyance au socialisme semble avoir endormi la volonté pratique de l'atteindre. C'est qu'elle est en même temps une morale grégaire : en faisant espérer à l'ouvrier le socialisme non pour lui même, mais pour sa classe, elle a certes aiguisé sa haine du monde capitaliste, mais l'a conduit aussi à s'en accomoder au nom de la victoire nécessaire mais future.
Il faut prendre au sérieux la ressemblance de la religion chrétienne et de la croyance révolutionnaire, de la charité chrétienne et du dévouement militant. C'est du nihilisme le plus profond qu'il s'agit dans les deux cas.
Que le socialisme nous soit annoncé comme étant dans ce monde, et non pas au delà ne doit pas nous tromper : car c'est bien au nom de cet autre monde que le prolétariat a fait de sa vie ci une plainte.impuissante.
La théorie du négatif est une théorie du ressentiment : si Marx n'avait pas importé la dialectique hégélienne dans le mouvement ouvrier, il aurait fallu l'inventer.
Dans sa structure même, la dialectique est découpée sur mesure pour la libido réactive. Que dit elle au prolétariat? Que, toujours, le négatif triomphe de ce qu'il nie, que le capitalisme est destiné à être détruit par cette force qui monte en lui et le menace de l'intérieur.
Le dépassement (dialectique) est une loi universelle de la Nature. L'existence présente du capitalisme annonce le futur socialisme aussi sûrement que le germe annonce le fruit. La dialectique donne au prolétariat aujourd'hui vaincu le prestige et la valeur de sa victoire future qui rejaillit sur lui par anticipation. Aujourd'hui il n'est rien, mais déjà il est tout en vertu du schéma qui lui prédit son triomphe. II faut toute la magie de la dialectique pour que le prolétariat réellement serf revendique sans rire le respect dû à sa noblesse imaginaire.
Dans la dialectique, l'exclusivité de la contradiction : oui/non, est l'instrument logique d'une croyance exclusive. je crois tout oui, ou tout non. La foi n'est jamais mitigée, et le ressentiment ne s'alimente que de l'absolu de la négation. L'au delà n'a rien à voir avec ici-¬bas. La coupure épistémologique est “radicale. Ah! ce mot de “radical” , comme il a fair fortune chez les héritiers de Marx, “radical”, c'est prendre les choses à la racine, la critique est « radicale” , la révolution est radicale, c'est la coupure épistémologique en acte dans l'empiricité historique, et s'il reste quelque chose du monde ancien, ce ne sont que des « survivances ».
Le « radical est chargé de toute la croyance sentimentale et toute la violence ressentimentale, de tous les affects de la libido réactive, dont le tonus finit toujours par s'amollir en quelques dizaines d'années, le marxisme devient radical socialiste, si bien qu'il faut encore une nouvelle libido plus radicale que les autres.
On a cru qu'il s'agissait d'une simple idéologie qui ressemblait à la religion, sans découvrir qu'il s'agit bel et bien, dans sa racine libidinale, d'une religion. Dieu devient la Science : comme lui, elle juge ce qui se passe du point de vue du but final.
Son Royaume devient le socialisme: toute la perfection du Monde réel y est actualisée, et cette perfection n'est autre que l'incarnation historique, c'est à dire la réalisation scientifiquement prévue du mode de production socialiste.
Aujourd'hui, l'incidence pratique de cette religion est double. D'un côté elle est en quelque sorte négative: paradoxalement, bien qu'elle ait conduit les bolcheviks à l'assaut du pouvoir, elle impuissante le prolétariat en le mettant l'arme au pied, il n'a rien d'autre à faire qu'à survivre et à attendre sa propre victoire.
De l'autre, elle est positive: elle stimule les puissances réactives qui l'ont fait naître en leur fournissant le fantasme qui ravive leur ressentiment. En un mot, par l'espoir qu'elle suscite dans une histoire imaginaire, elle maintient la servitude de l'histoire réelle.
Tout le terrible paradoxe du marxisme tient ici : Marx pensait, par sa prophétie de l'issue “nécessaire de la lutte des classes”, susciter les énergies du prolétariat. 100 ans plus tard, on s'aperçoit que jamais croyance n'a plus puissamment stérilisé ces forces, et jamais autant depuis qu'en Union soviétique et en Chine cette espérance semble avoir trouvé sa réalisation !
Étrange énigme . la croyance au socialisme semble avoir endormi la volonté pratique de l'atteindre. C'est qu'elle est en même temps une morale grégaire : en faisant espérer à l'ouvrier le socialisme non pour lui même, mais pour sa classe, elle a certes aiguisé sa haine du monde capitaliste, mais l'a conduit aussi à s'en accomoder au nom de la victoire nécessaire mais future.
Il faut prendre au sérieux la ressemblance de la religion chrétienne et de la croyance révolutionnaire, de la charité chrétienne et du dévouement militant. C'est du nihilisme le plus profond qu'il s'agit dans les deux cas.
Que le socialisme nous soit annoncé comme étant dans ce monde, et non pas au delà ne doit pas nous tromper : car c'est bien au nom de cet autre monde que le prolétariat a fait de sa vie ci une plainte.impuissante.
La théorie du négatif est une théorie du ressentiment : si Marx n'avait pas importé la dialectique hégélienne dans le mouvement ouvrier, il aurait fallu l'inventer.
Dans sa structure même, la dialectique est découpée sur mesure pour la libido réactive. Que dit elle au prolétariat? Que, toujours, le négatif triomphe de ce qu'il nie, que le capitalisme est destiné à être détruit par cette force qui monte en lui et le menace de l'intérieur.
Le dépassement (dialectique) est une loi universelle de la Nature. L'existence présente du capitalisme annonce le futur socialisme aussi sûrement que le germe annonce le fruit. La dialectique donne au prolétariat aujourd'hui vaincu le prestige et la valeur de sa victoire future qui rejaillit sur lui par anticipation. Aujourd'hui il n'est rien, mais déjà il est tout en vertu du schéma qui lui prédit son triomphe. II faut toute la magie de la dialectique pour que le prolétariat réellement serf revendique sans rire le respect dû à sa noblesse imaginaire.
Dans la dialectique, l'exclusivité de la contradiction : oui/non, est l'instrument logique d'une croyance exclusive. je crois tout oui, ou tout non. La foi n'est jamais mitigée, et le ressentiment ne s'alimente que de l'absolu de la négation. L'au delà n'a rien à voir avec ici-¬bas. La coupure épistémologique est “radicale. Ah! ce mot de “radical” , comme il a fair fortune chez les héritiers de Marx, “radical”, c'est prendre les choses à la racine, la critique est « radicale” , la révolution est radicale, c'est la coupure épistémologique en acte dans l'empiricité historique, et s'il reste quelque chose du monde ancien, ce ne sont que des « survivances ».
Le « radical est chargé de toute la croyance sentimentale et toute la violence ressentimentale, de tous les affects de la libido réactive, dont le tonus finit toujours par s'amollir en quelques dizaines d'années, le marxisme devient radical socialiste, si bien qu'il faut encore une nouvelle libido plus radicale que les autres.