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La mobilisation ajacienne pour un prêtre évincé par son évêque  Samedi 22 Mars 2008

Le climat est pour le moins tendu et agité après la décision de l'évêque de Corse, Mgr Jean-Luc Brunin, d'évincer le Père Elie.

La mobilisation est incroyable. En privilégiant la parole de Dieu et la conscience des hommes, le Père Elie a offert sur ce sol ajaccien un témoignage d'amour et de partage. La pétition en faveur du père Elie a déjà recueilli 3000 signatures et une manifestation a réuni hier plusieurs centaines de personnes.

Le père Elie Hachache, avait été nommé par l'évêché aumônier pour les classes primaires et secondaires de l'établissement privé Saint Paul, à Ajaccio. Relevé de sa charge il devra exercer son ministère ailleurs. Et cette fois-ci Brice Hortefeux n'y est pour rien.

D'origine libanaise, ce prêtre s'était très rapidement et très fortement impliqué dans la communauté religieuse d'Ajaccio et de sa région où il avait très vite été adopté. Il avait également été nommé par Mgr Brunin « prêtre référent » de l'unité pastorale expérimentale (UPE) de la plaine de Bastelicaccia-Cuttoli-Peri.


Même les jeunes s'unissent et demandent des explications. Une délégation de 12 élèves s'est rendue à la rédaction de Corse-Matin: Pascal Galeani, Julien Marcaggi, Anthony Bargone, Abdel Wakrim, François-Joseph Bordewic, Erika Torre, Cedric Doddoli, Jean-Michel Schaeckis, Ange-Joseph Fanucchi, Pierre-Marie Malandri, Marie-Julie Demedardi et Elodie Simonet, de 3e du collège St Paul s'interrogent : « Pourquoi l'évêque a pris cette sanction ? Nous voulons savoir ? Cela est injuste et inacceptable. Le Père Elie, est le seul prêtre qui a su emmener les jeunes à l'église. S'il s'en va, nous n'aurons plus envie d'y retourner. C'est un peu notre guide. Tous les ans, il organise des voyages et prend toutes les responsabilités qui s'imposent ! Nous le regrettons déjà. C'est notre ami. Nous lançons un appel au Père évêque pour qu'il revienne sur sa décision ! »

Enfants, adolescents et adultes ont battu le pavé hier en fin d'après-midi sous la pluie pour soutenir le Père Elie. À 17 h 30, le cortège d'environ 600 personnes s'ébranle en direction de l'église St Roch. Un chemin de croix, en ce jeudi saint, pour l'ensemble de cette communauté.

Les portes de l'église restent closes. Le seul signe, la flamme d'une centaine de bougies. Une lumière pour Père Elie : « C'est une affaire interne à l'école et non à l'église. Nous avons le droit de savoir ! » Les slogans d'affection fusent : « Rendez-nous le Père Elie. » Les catéchistes s'expriment. André Ferrandi prend la parole : « On nous débarque notre aumônier en pleine semaine sainte à la suite d'une mauvaise entente avec la directrice de l'établissement. Ce malentendu n'aurait pas dû franchir les grilles de l'école St Paul primaire. C'est regrettable. »

Les parents d'élèves haussent le ton : « C'est simple ! Les parents d'élèves n'ont pas été entendus par l'évêque. Ce prêtre très charismatique rassemble et cette décision disciplinaire me semble unilatérale. La vox populi s'exprime et l'évêque doit en tenir compte » précise José Zanni. Marie-Jeanne Stéfanini s'exclame : « Ce n'est pas normal car le Père Elie est irréprochable. C'est quand même inimaginable de prendre une telle sanction… Le cortège retourne à l'école car, il y a un conseil d'administration… Et nous attendons ! »

Que reproche-t-on au Père Elie ? Joint par téléphone par les journalistes de Corse-Matin il s'exprime avec discrétion. Droit de réserve oblige : « Un prêtre ne choisit pas sa mission, il la reçoit. J'ai écrit une lettre à la directrice qui n'a pas apprécié. Je n'avais pas le droit de l'écrire. Je me dois d'obéir ! »

En cette période de Pâques, l'ambiance est donc plutôt étrange à Ajaccio.

D'autant que la tension est montée d'un cran à l'annonce du rendez-vous annulé par Mgr Jean-Luc Brunin : « L'évêque s'était engagé oralement mercredi lors de notre première action devant St Paul secondaire à recevoir une délégation de trois personnes le lundi 24 mars à 18 heures. Aujourd'hui, il répond qu'ayant fait un communiqué par voie presse, il n'a plus à nous recevoir. » Des propos confirmés également par une enseignante Nicole Alberti qui ajoute : « Nous sommes perplexes. L'évêque nous a déboutés ! Il paraît que son calendrier est très chargé et que mardi : il partirait à Rome! » Rien n'entame la détermination de ces hommes et de ces femmes : « Notre préavis de grève pour mardi est maintenu. Le mouvement va s'amplifier avec des actions qui seront mises en place. »

Le conseil d'administration de l'école St Paul primaire, a apporté dans un souci de clarification et de transparence les éléments dont il dispose concernant le retrait des missions dont fait l'objet le Père Elie et s'interroge sur les raisons obscures qui ont présidé à son éviction.

Ce prêtre qui œuvre en osmose avec les enfants, les parents, le personnel enseignant et non enseignant et les membres du CA, a su par son dynamisme, ses initiatives, sa force de conviction rapprocher de l'église ceux qui s'en éloignait par méconnaissance ou absence de lisibilité du message évangélique. Le bureau de l' Organisme de gestion de l'enseignement catholique (OGEC) rappelait très récemment à la directrice de l'école toutes les vertus que présentaient le dialogue social et l'intérêt que pouvait retirer l'établissement de l'amélioration des relations avec l'aumônier dans le cadre de l'animation de toutes les manifestations. Ce charisme dont il dispose et qui manifestement dérange a-t-il pu lui porter préjudice et occasionner sa disgrâce ?
Quelle faute ignorée par le CA dont la directrice diocésaine fait partie a pu commettre ce prêtre sans que ledit conseil ne soit tenu informé ?

Le CA dans son ensemble a renouvelé sa confiance au Père Elie. Il a rappelé à Mgr Brunin les exhortations prononcées au cours de son homélie du 18 mars dernier : « L'évangile de la miséricorde nous invite à revenir vers le père pour célébrer la réconciliation qu'il nous offre dans le sacrement du pardon ». Il ose espérer que les termes vérité, fraternité, réconciliation, espérance et pardon ne soient pas de vains mots égrenés au cours de cette période pascale. Il souhaite, qu'après avoir dissipé la suspicion et le doute qui pèsent aujourd'hui sur l'intégrité du prêtre, l'autorité de tutelle mette en adéquation ses actes avec le discours évangélique, accorde le pardon si nécessaire et réintègre le Père Elie dans ses fonctions"

En tous les cas, difficile pour celui qui habite ou qui travaille à Ajaccio d'ignorer le banissement du Père Elie.


le Samedi 22 Mars 2008 à 11:40 | Permalien | Commentaires (23)



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Gabriel Xavier Culioli



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