Tous les matins du monde naissent et meurent en Corse
Coups d'œil, coups de cœur, colpi d'ochju, colpi di cori
Une nouvelle de Maupassant en vers Vendredi 19 Octobre 2007
J'ai une passion pour Maupassant et ses nouvelles, véritables petit bijou de composition nerveuse et de psychologie humaine. Moins connue est sa poésie dont une partie est, il faut bien le dire, faite de vers mirlitons en hommage à ses nombreux amis.
Mais c'est l'époque qui voulait cette loghorrée versifiante toute droit venue des siècles précédents. Mais j'aime particulièrement le poème ci-dessous qui est à la fois une aventure, un tableau de Renoir qui s'acheverait par un Toulouse-Lautrec et une polissonerie tout à fait moderne.
Il est vrai que Maupassant comme Flaubert étaient des obsédés de la chose et ne se priaient pas pour l'écrire.
UNE CONQUÊTE
Un jeune homme marchait le long du boulevard
Et sans songer à rien, il allait seul et vite,
N'effleurant même pas de son vague regard
Ces filles dont le rire en passant vous invite.
Mais un parfum si doux le frappa tout à coup
Qu'il releva les yeux. Une femme divine
Passait. À parler franc, il ne vit que son cou;
Il était souple et rond sur une taille fine.
Il la suivit - pourquoi? - Pour rien; ainsi qu'on suit
Un joli pied cambré qui trottine et qui fuit,
Un bout de jupon blanc qui passe et se trémousse.
On suit; c'est un instinct d'amour qui nous y pousse.
Il cherchait son histoire en regardant ses bas.
Élégante? Beaucoup le sont. - La destinée
L'avait-elle fait naître en haut ou bien en bas?
Pauvre mais déshonnête, ou sage et fortunée?
Mais, comme elle entendait un pas suivre le sien,
Elle se retourna. C'était une merveille.
Il sentit en son coeur naître comme un lien
Et voulut lui parler, sachant bien que l'oreille
Est le chemin de l'âme. Ils furent séparés
Par un attroupement au détour d'une rue.
Lorsqu'il eut bien maudit les badauds désoeuvrés
Et qu'il chercha sa dame, elle était disparue.
Il ressentit d'abord un véritable ennui,
Puis, comme une âme en peine, erra de place en place,
Se rafraîchit le front aux fontaines Wallace,
Et rentra se coucher fort avant dans la nuit.
Vous direz qu'il avait l'âme trop ingénue;
Si l'on ne rêvait point, que ferait-on souvent?
Mais n'est-il pas charmant, lorsque gémit le vent,
De rêver, près du feu, d'une belle inconnue?
De ce moment si court, huit jours il fut heureux.
Autour de lui dansait l'essaim brillant des songes
Qui sans cesse éveillait en son coeur amoureux
Les pensers les plus doux et les plus doux mensonges.
Ses rêves étaient sots à dormir tout debout;
Il bâtissait sans fin de grandes aventures.
Lorsque l'âme est naïve et qu'un sang jeune bout,
Notre espoir se nourrit aux folles impostures.
Il la suivait alors aux pays étrangers;
Ensemble ils visitaient les plaines de l'Hellade
Et comme un chevalier d'une ancienne ballade
Il l'arrachait toujours à d'étranges dangers.
Parfois au flanc des monts, au bord d'un précipice,
Ils allaient échangeant de doux propos d'amour;
Souvent même il savait saisir l'instant propice
Pour ravir un baiser qu'on lui rendait toujours.
Puis, les mains dans les mains, et penchés aux portières
D'une chaise de poste emportée au galop,
Ils restaient là songeurs durant des nuits entières,
Car la lune brillait et se mirait dans l'eau.
Tantôt il la voyait, rêveuse châtelaine,
Aux balustres sculptés des gothiques balcons;
Tantôt folle et légère et suivant par la plaine
Le lévrier rapide ou le vol des faucons.
Page, il avait l'esprit de se faire aimer d'elle;
La dame au vieux baron était vite infidèle.
Il la suivait partout, et dans les grands bois sourds
Avec sa châtelaine il s'égarait toujours.
Pendant huit jours entiers il rêva de la sorte,
À ses meilleurs amis il défendait sa porte;
Ne recevait personne, et quelquefois, le soir,
Sur un vieux banc désert, seul, il allait s'asseoir.
Un matin, il était encore de bonne heure,
Il s'éveillait, bâillant et se frottant les yeux;
Une troupe d'amis envahit sa demeure
Parlant tous à la fois, avec des cris joyeux.
Le plan du jour était d'aller à la campagne,
D'essayer un canot et d'errer dans les bois,
De scandaliser fort les honnêtes bourgeois,
Et de dîner sur l'herbe avec glace et champagne.
Il répondit d'abord, plein d'un parfait dédain,
Que leur fête pour lui n'était guère attrayante;
Mais quand il vit partir la cohorte bruyante,
Et qu'il se trouva seul, il réfléchit soudain
Qu'on est bien pour songer sur les berges fleuries;
Et que l'eau qui s'écoule et fuit en murmurant
Soulève mollement les tristes rêveries
Comme des rameaux morts qu'emporte le courant;
Et que c'est une ivresse entraînante et profonde
De courir au hasard et boire à pleins poumons
Le grand air libre et pur qui va des prés aux monts,
L'âpre senteur des foins et la fraîcheur de l'onde;
Que la rive murmure et fait un bruit charmant,
Qu'aux chansons des rameurs les peines sont bercées,
Et que l'esprit s'égare et flotte doucement,
Comme au courant du fleuve, au courant des pensées.
Alors il appela son groom, sauta du lit,
S'habilla, déjeuna, se rendit à la gare,
Partit tranquillement en fumant un cigare,
Et retrouva bientôt tout son monde à Marly.
Des larmes de la nuit la plaine était humide;
Une brume légère au loin flottait encor;
Les gais oiseaux chantaient; et le beau soleil d'or
Jetait mainte étincelle à l'eau fraîche et limpide.
Lorsque la sève monte et que le bois verdit,
Que de tous les côtés la grande vie éclate,
Quand au soleil levant tout chante et resplendit,
Le corps est plein de joie et l'âme se dilate.
Il est vrai qu'il avait noblement déjeuné,
Quelques vapeurs de vin lui montaient à la tête;
L'air des champs pour finir lui mit le coeur en fête,
Quand au courant du fleuve il se vit entraîné.
Le canot lentement allait à la dérive;
Un vent léger faisait murmurer les roseaux,
Peuple frêle et chantant qui grandit sur la rive
Et qui puise son âme au sein calme des eaux.
Vint le tour des rameurs, et, suivant la coutume,
Leur chant rythmé frappa l'écho des environs;
Et, conduits par la voix, dans l'eau blanche d'écume
De moment en moment tombaient les avirons.
Enfin, comme on songeait à gagner la cuisine,
D'autres canots soudain passèrent auprès d'eux;
Un rire aigu partit d'une barque voisine
Et s'en vint droit au coeur frapper mon amoureux.
Elle! dans une barque! Étendue à l'arrière,
Elle tenait la barre et passait en chantant!
Il resta consterné, pâle et le coeur battant,
Pendant que sa Beauté fuyait sur la rivière.
Il était triste encore à l'heure du dîner!
On s'arrêta devant une petite auberge,
Dans un jardin charmant par des vignes borné,
Ombragé de tilleuls, et qui longeait la berge.
Mais d'autres canotiers étaient déjà venus;
Ils lançaient des jurons d'une voix formidable,
Et, faisant un grand bruit, ils préparaient la table
Qu'ils soulevaient parfois de leurs bras forts et nus.
Elle était avec eux et buvait une absinthe!
Il demeura muet. La drôlesse sourit,
L'appela. - Lui restait stupide. - Elle reprit:
« Çà, tu me prenais donc, nigaud, pour une Sainte? »
Or il s'approcha d'elle en tremblant; il dîna
À ses côtés, et même au dessert s'étonna
De l'avoir pu rêver d'une haute famille,
Car elle était charmante, et gaie, et bonne fille.
Elle disait: « Mon singe », et « mon rat », et « mon chat »,
Lui donnait à manger au bout de sa fourchette.
Ils partirent, le soir, tous les deux en cachette,
Et l'on ne sut jamais dans quel lit il coucha!
Poète au coeur naïf il cherchait une perle;
Trouvant un bijou faux, il le prit et fit bien.
J'approuve le bon sens de cet adage ancien:
« Quand on n'a pas de grive, il faut manger un merle. »
Un jeune homme marchait le long du boulevard
Et sans songer à rien, il allait seul et vite,
N'effleurant même pas de son vague regard
Ces filles dont le rire en passant vous invite.
Mais un parfum si doux le frappa tout à coup
Qu'il releva les yeux. Une femme divine
Passait. À parler franc, il ne vit que son cou;
Il était souple et rond sur une taille fine.
Il la suivit - pourquoi? - Pour rien; ainsi qu'on suit
Un joli pied cambré qui trottine et qui fuit,
Un bout de jupon blanc qui passe et se trémousse.
On suit; c'est un instinct d'amour qui nous y pousse.
Il cherchait son histoire en regardant ses bas.
Élégante? Beaucoup le sont. - La destinée
L'avait-elle fait naître en haut ou bien en bas?
Pauvre mais déshonnête, ou sage et fortunée?
Mais, comme elle entendait un pas suivre le sien,
Elle se retourna. C'était une merveille.
Il sentit en son coeur naître comme un lien
Et voulut lui parler, sachant bien que l'oreille
Est le chemin de l'âme. Ils furent séparés
Par un attroupement au détour d'une rue.
Lorsqu'il eut bien maudit les badauds désoeuvrés
Et qu'il chercha sa dame, elle était disparue.
Il ressentit d'abord un véritable ennui,
Puis, comme une âme en peine, erra de place en place,
Se rafraîchit le front aux fontaines Wallace,
Et rentra se coucher fort avant dans la nuit.
Vous direz qu'il avait l'âme trop ingénue;
Si l'on ne rêvait point, que ferait-on souvent?
Mais n'est-il pas charmant, lorsque gémit le vent,
De rêver, près du feu, d'une belle inconnue?
De ce moment si court, huit jours il fut heureux.
Autour de lui dansait l'essaim brillant des songes
Qui sans cesse éveillait en son coeur amoureux
Les pensers les plus doux et les plus doux mensonges.
Ses rêves étaient sots à dormir tout debout;
Il bâtissait sans fin de grandes aventures.
Lorsque l'âme est naïve et qu'un sang jeune bout,
Notre espoir se nourrit aux folles impostures.
Il la suivait alors aux pays étrangers;
Ensemble ils visitaient les plaines de l'Hellade
Et comme un chevalier d'une ancienne ballade
Il l'arrachait toujours à d'étranges dangers.
Parfois au flanc des monts, au bord d'un précipice,
Ils allaient échangeant de doux propos d'amour;
Souvent même il savait saisir l'instant propice
Pour ravir un baiser qu'on lui rendait toujours.
Puis, les mains dans les mains, et penchés aux portières
D'une chaise de poste emportée au galop,
Ils restaient là songeurs durant des nuits entières,
Car la lune brillait et se mirait dans l'eau.
Tantôt il la voyait, rêveuse châtelaine,
Aux balustres sculptés des gothiques balcons;
Tantôt folle et légère et suivant par la plaine
Le lévrier rapide ou le vol des faucons.
Page, il avait l'esprit de se faire aimer d'elle;
La dame au vieux baron était vite infidèle.
Il la suivait partout, et dans les grands bois sourds
Avec sa châtelaine il s'égarait toujours.
Pendant huit jours entiers il rêva de la sorte,
À ses meilleurs amis il défendait sa porte;
Ne recevait personne, et quelquefois, le soir,
Sur un vieux banc désert, seul, il allait s'asseoir.
Un matin, il était encore de bonne heure,
Il s'éveillait, bâillant et se frottant les yeux;
Une troupe d'amis envahit sa demeure
Parlant tous à la fois, avec des cris joyeux.
Le plan du jour était d'aller à la campagne,
D'essayer un canot et d'errer dans les bois,
De scandaliser fort les honnêtes bourgeois,
Et de dîner sur l'herbe avec glace et champagne.
Il répondit d'abord, plein d'un parfait dédain,
Que leur fête pour lui n'était guère attrayante;
Mais quand il vit partir la cohorte bruyante,
Et qu'il se trouva seul, il réfléchit soudain
Qu'on est bien pour songer sur les berges fleuries;
Et que l'eau qui s'écoule et fuit en murmurant
Soulève mollement les tristes rêveries
Comme des rameaux morts qu'emporte le courant;
Et que c'est une ivresse entraînante et profonde
De courir au hasard et boire à pleins poumons
Le grand air libre et pur qui va des prés aux monts,
L'âpre senteur des foins et la fraîcheur de l'onde;
Que la rive murmure et fait un bruit charmant,
Qu'aux chansons des rameurs les peines sont bercées,
Et que l'esprit s'égare et flotte doucement,
Comme au courant du fleuve, au courant des pensées.
Alors il appela son groom, sauta du lit,
S'habilla, déjeuna, se rendit à la gare,
Partit tranquillement en fumant un cigare,
Et retrouva bientôt tout son monde à Marly.
Des larmes de la nuit la plaine était humide;
Une brume légère au loin flottait encor;
Les gais oiseaux chantaient; et le beau soleil d'or
Jetait mainte étincelle à l'eau fraîche et limpide.
Lorsque la sève monte et que le bois verdit,
Que de tous les côtés la grande vie éclate,
Quand au soleil levant tout chante et resplendit,
Le corps est plein de joie et l'âme se dilate.
Il est vrai qu'il avait noblement déjeuné,
Quelques vapeurs de vin lui montaient à la tête;
L'air des champs pour finir lui mit le coeur en fête,
Quand au courant du fleuve il se vit entraîné.
Le canot lentement allait à la dérive;
Un vent léger faisait murmurer les roseaux,
Peuple frêle et chantant qui grandit sur la rive
Et qui puise son âme au sein calme des eaux.
Vint le tour des rameurs, et, suivant la coutume,
Leur chant rythmé frappa l'écho des environs;
Et, conduits par la voix, dans l'eau blanche d'écume
De moment en moment tombaient les avirons.
Enfin, comme on songeait à gagner la cuisine,
D'autres canots soudain passèrent auprès d'eux;
Un rire aigu partit d'une barque voisine
Et s'en vint droit au coeur frapper mon amoureux.
Elle! dans une barque! Étendue à l'arrière,
Elle tenait la barre et passait en chantant!
Il resta consterné, pâle et le coeur battant,
Pendant que sa Beauté fuyait sur la rivière.
Il était triste encore à l'heure du dîner!
On s'arrêta devant une petite auberge,
Dans un jardin charmant par des vignes borné,
Ombragé de tilleuls, et qui longeait la berge.
Mais d'autres canotiers étaient déjà venus;
Ils lançaient des jurons d'une voix formidable,
Et, faisant un grand bruit, ils préparaient la table
Qu'ils soulevaient parfois de leurs bras forts et nus.
Elle était avec eux et buvait une absinthe!
Il demeura muet. La drôlesse sourit,
L'appela. - Lui restait stupide. - Elle reprit:
« Çà, tu me prenais donc, nigaud, pour une Sainte? »
Or il s'approcha d'elle en tremblant; il dîna
À ses côtés, et même au dessert s'étonna
De l'avoir pu rêver d'une haute famille,
Car elle était charmante, et gaie, et bonne fille.
Elle disait: « Mon singe », et « mon rat », et « mon chat »,
Lui donnait à manger au bout de sa fourchette.
Ils partirent, le soir, tous les deux en cachette,
Et l'on ne sut jamais dans quel lit il coucha!
Poète au coeur naïf il cherchait une perle;
Trouvant un bijou faux, il le prit et fit bien.
J'approuve le bon sens de cet adage ancien:
« Quand on n'a pas de grive, il faut manger un merle. »
Coups d'œil, coups de cœur, colpi d'ochju, colpi di cori
Le cyclope de Bonifacio ou le crâne de Polyphème Lundi 07 Mai 2007
Tout le monde connaît l'histoire du cyclope Polyphème qui mangea les compagnons d'Ulysse et qui finit aveuglé par le héros grec. On prétend que le monde des cyclopes était en fait Bonifacio. J'ai trouvé cette photo d'un crâne de cyclope qui aurait pu être celui de Polyphème, corse d'origine ou d'adoption martyrisé par le plus rusé des Grecs, l'homme à la métis.
Fille d'Océan et de Théthys, Mêtis fut présentée comme la première femme de Zeus. Magicienne, elle offrit une potion magique à Cronos, et obligea le Titan à lui restituer ses enfants. Un oracle de Gaïa révéla que le prochain enfant qui naîtrait d'une union chasserait Zeus de l'Olympe. Alors, Zeus avala Métis.
Métis possède deux visages. Les traits du premier serait celui de la déesse de la Prudence. Le second serait celui de l'Intelligence pratique. Tous deux présentent, à cette déesse, un visage ambivalent voir même trompeur, car on lui assigne sous ces visages : l'empreinte de la Ruse. Une ruse qui ménerait à dévoiler deux autres figures emblématiques de la Mythologie gréco-romaine : celle d'Athéna ou Minerve, à la fois déesse de la Sagesse et de la Guerre, et Pandora, le don venu du ciel.
Mais le jour où l'enfant devait naître arriva, et Zeus frappé de vives douleurs demanda à Héphaïstos de lui fendre la tempe. Et, de sa tête sortit la déesse Athéna.
Voici ce qu'écrit Bernard Lafargue, professeur d'Histoire de l'art à l'université de Bordeaux III dans un fameux texte intitulé " De trois pots-de-vin en peinture. D'Ulysse à Alain Laborde »"
"Si le vin est à l'homme ce que l'ambroisie est aux dieux, il a de plus le pouvoir de révéler sa métis. La métis est la qualité qui distingue Ulysse et Dédale parmi tous les héros de la Grèce. Ruse du navigateur, de l'artiste, du filou, du séducteur, du stratège, de l'orateur, du sophiste, du politique, ou du philosophe, la métis est l'art de dénouer à son avantage une situation délicate, et ce avec grâce - charis. Peindre la métis du vin, c'est peindre la stratégie du « pot-de-vin » qui libère les forces de la vie en tranchant un noeud gordien. Je distinguerai ici trois types de métis du pot-de-vin : celle d'Ulysse qui saoule Polyphème d'un kysubion de vin noir pour sauver ses compagnons d'une mort infâme, celle des Still-leven hollandaises du XVIIe siècle où les vidrecomes à moitié pleins/vides murmurent un mémento mori ambivalent, celle enfin d'Alain Laborde qui nous invite à plonger gaiement dans des fonds de peinture à la beauté vineuse. (...)"
Polyphème, le cyclope à l'œil unique représentait l'homme au troisième œil, le chakra situé au centre du front. Ulysse, grâce à sa ruse toute humaine, le crève mais fait aussi perdre à l'humanité cette vision autre.
C'est depuis cette époque que l'homme croit voir avec ses deux yeux mais ne voit rien qui ne soit illusion ou mirage.
Fille d'Océan et de Théthys, Mêtis fut présentée comme la première femme de Zeus. Magicienne, elle offrit une potion magique à Cronos, et obligea le Titan à lui restituer ses enfants. Un oracle de Gaïa révéla que le prochain enfant qui naîtrait d'une union chasserait Zeus de l'Olympe. Alors, Zeus avala Métis.
Métis possède deux visages. Les traits du premier serait celui de la déesse de la Prudence. Le second serait celui de l'Intelligence pratique. Tous deux présentent, à cette déesse, un visage ambivalent voir même trompeur, car on lui assigne sous ces visages : l'empreinte de la Ruse. Une ruse qui ménerait à dévoiler deux autres figures emblématiques de la Mythologie gréco-romaine : celle d'Athéna ou Minerve, à la fois déesse de la Sagesse et de la Guerre, et Pandora, le don venu du ciel.
Mais le jour où l'enfant devait naître arriva, et Zeus frappé de vives douleurs demanda à Héphaïstos de lui fendre la tempe. Et, de sa tête sortit la déesse Athéna.
Voici ce qu'écrit Bernard Lafargue, professeur d'Histoire de l'art à l'université de Bordeaux III dans un fameux texte intitulé " De trois pots-de-vin en peinture. D'Ulysse à Alain Laborde »"
"Si le vin est à l'homme ce que l'ambroisie est aux dieux, il a de plus le pouvoir de révéler sa métis. La métis est la qualité qui distingue Ulysse et Dédale parmi tous les héros de la Grèce. Ruse du navigateur, de l'artiste, du filou, du séducteur, du stratège, de l'orateur, du sophiste, du politique, ou du philosophe, la métis est l'art de dénouer à son avantage une situation délicate, et ce avec grâce - charis. Peindre la métis du vin, c'est peindre la stratégie du « pot-de-vin » qui libère les forces de la vie en tranchant un noeud gordien. Je distinguerai ici trois types de métis du pot-de-vin : celle d'Ulysse qui saoule Polyphème d'un kysubion de vin noir pour sauver ses compagnons d'une mort infâme, celle des Still-leven hollandaises du XVIIe siècle où les vidrecomes à moitié pleins/vides murmurent un mémento mori ambivalent, celle enfin d'Alain Laborde qui nous invite à plonger gaiement dans des fonds de peinture à la beauté vineuse. (...)"
Polyphème, le cyclope à l'œil unique représentait l'homme au troisième œil, le chakra situé au centre du front. Ulysse, grâce à sa ruse toute humaine, le crève mais fait aussi perdre à l'humanité cette vision autre.
C'est depuis cette époque que l'homme croit voir avec ses deux yeux mais ne voit rien qui ne soit illusion ou mirage.
Coups d'œil, coups de cœur, colpi d'ochju, colpi di cori
En foule l'être humain nu ressemble à un cochon Lundi 07 Mai 2007
Selon l'agence Reuters 18.000 personnes - un record - ont enlevé leurs vêtements et posé pour le photographe d'art américain Spencer Tunick dimanche sur la place Zocalo, à Mexico, en plein coeur de l'ancien empire aztèque.
Tunick, qui s'est rendu célèbre par ses photos de nus collectifs de Düsseldorf à Caracas, a battu son précédent record de participations, établi en 2003 à Barcelone, où 7.000 personnes s'étaient prêtées à sa mise en scène.
Donnant ses instructions par haut-parleur, Tunick a pris une série de photos en demandant aux participants de lever les bras en même temps, puis il les a fait s'allonger sur la place. Dans une autre mise en scène, les modèles ont formé une flèche, dans une rue adjacente à la place Zocalo.
Le centre de la photo est la chaise d'un infirme. Je trouve que pris ainsi en groupe tous ces nus ont quelque chose d'écœurant qui rappelle un troupeau de porc.
Tunick, qui s'est rendu célèbre par ses photos de nus collectifs de Düsseldorf à Caracas, a battu son précédent record de participations, établi en 2003 à Barcelone, où 7.000 personnes s'étaient prêtées à sa mise en scène.
Donnant ses instructions par haut-parleur, Tunick a pris une série de photos en demandant aux participants de lever les bras en même temps, puis il les a fait s'allonger sur la place. Dans une autre mise en scène, les modèles ont formé une flèche, dans une rue adjacente à la place Zocalo.
Le centre de la photo est la chaise d'un infirme. Je trouve que pris ainsi en groupe tous ces nus ont quelque chose d'écœurant qui rappelle un troupeau de porc.
Coups d'œil, coups de cœur, colpi d'ochju, colpi di cori
À l(m)a femme que j'aime… Dimanche 06 Mai 2007
Ma tendre amie, vous me reprochâtes le 1er mai de ne point vous avoir offert le modeste muguet tandis que notre voisin et ami, ce vil gueux de Laurent vous en apportait deux. Vous m'en vîtes marri, confus et penaud. Aussi ai-je aujourd'hui, en ce jour de désignation démocratique de notre futur roi ou de notre future reine, le bonheur de vous faire porter par dame Hirondelle (une espèce qui hélas tend à s'éteindre du fait des viles actions de la gente humaine) ce modeste bouquet des clochettes divines.
Il me revient, ma mie, qu'étant enfant (Dieu que le temps montre de lâcheté à ainsi s'enfuir devant moi) tandis que je demeurais chez mes grands-parents à Marseille, nous cultivions à l'ombre d'une haie ce muguet qui fleurissait au premier mai comme le narcisse du Tonkin éclot dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier.
J'espère, mon tendre amour, que ce carrousel floral vous apportera bonheur, félicité et joie (ce concert synonymique vous en dit long sur mes souhaits).
Je vous embrasse de tout mon cœur mais surtout de toutes mes lèvres qui n'en demeurent pas moins réduites au nombre de deux.
Vôtre Gaby le Magnifique. Mais hélas je ne suis pas milliardaire et fort heureusement vous ne vous prénommez pas Daisy.
Il me revient, ma mie, qu'étant enfant (Dieu que le temps montre de lâcheté à ainsi s'enfuir devant moi) tandis que je demeurais chez mes grands-parents à Marseille, nous cultivions à l'ombre d'une haie ce muguet qui fleurissait au premier mai comme le narcisse du Tonkin éclot dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier.
J'espère, mon tendre amour, que ce carrousel floral vous apportera bonheur, félicité et joie (ce concert synonymique vous en dit long sur mes souhaits).
Je vous embrasse de tout mon cœur mais surtout de toutes mes lèvres qui n'en demeurent pas moins réduites au nombre de deux.
Vôtre Gaby le Magnifique. Mais hélas je ne suis pas milliardaire et fort heureusement vous ne vous prénommez pas Daisy.
Coups d'œil, coups de cœur, colpi d'ochju, colpi di cori
La femme est une poire qui donne envie de croquer la pomme Jeudi 03 Mai 2007
Coups d'œil, coups de cœur, colpi d'ochju, colpi di cori
La vie n'est qu'une illusion Mardi 17 Avril 2007
Un jour, je ne me souviens plus quand j'ai découvert Escher et ses illusions d'optique. Puis on m'a envoyé cette image qui immédiatement m'a suggéré la vie, le passage, un pont, un voilier qui s'en va. Mais je ne veux pas trop en dire. À chacun de se faire son idée.
Coups d'œil, coups de cœur, colpi d'ochju, colpi di cori
'Les patriotes' de Brassens à l'adresse de Ségolène Royal et de Nicolas Sarkozy Lundi 02 Avril 2007
Les invalid's chez nous, l'revers de leur médaille
C'est pas d'être hors d'état de suivr' les fill's, cré nom de nom,
Mais de ne plus pouvoir retourner au champ de bataille.
Le rameau d'olivier n'est pas notre symbole, non!
Ce que, par-dessus tout, nos aveugles déplorent,
C'est pas d'être hors d'état d'se rincer l'œil, cré nom de nom,
Mais de ne plus pouvoir lorgner le drapeau tricolore.
La ligne bleue des Vosges sera toujours notre horizon.
Et les sourds de chez nous, s'ils sont mélancoliques,
C'est pas d'être hors d'état d'ouïr les sirènes, cré de nom de nom,
Mais de ne plus pouvoir entendre au défilé d'la clique,
Les échos du tambour, de la trompette et du clairon.
Et les muets d'chez nous, c'qui les met mal à l'aise
C'est pas d'être hors d'état d'conter fleurette, cré nom de nom,
Mais de ne plus pouvoir reprendre en chœur la Marseillaise.
Les chansons martiales sont les seules que nous entonnons.
Ce qui de nos manchots aigrit le caractère,
C'est pas d'être hors d'état d'pincer les fess's, cré nom de nom,
Mais de ne plus pouvoir faire le salut militaire.
jamais un bras d'honneur ne sera notre geste, non!
Les estropiés d'chez nous, ce qui les rend patraques,
C'est pas d'être hors d'état d'courir la gueus', cré nom de nom,
Mais de ne plus pouvoir participer à une attaque.
On rêve de Rosalie, la baïonnette, pas de Ninon.
C'qui manque aux amputés de leurs bijoux d'famille,
C'est pas d'être hors d'état d'aimer leur femm', cré nom de nom,
Mais de ne plus pouvoir sabrer les belles ennemies.
La colomb' de la paix, on l'apprête aux petits oignons.
Quant à nos trépassés, s'ils ont tous l'âme en peine,
C'est pas d'être hors d'état d'mourir d'amour, cré nom de nom,
Mais de ne plus pouvoir se faire occire à la prochaine.
Au monument aux morts, chacun rêve d'avoir son nom.
C'est pas d'être hors d'état de suivr' les fill's, cré nom de nom,
Mais de ne plus pouvoir retourner au champ de bataille.
Le rameau d'olivier n'est pas notre symbole, non!
Ce que, par-dessus tout, nos aveugles déplorent,
C'est pas d'être hors d'état d'se rincer l'œil, cré nom de nom,
Mais de ne plus pouvoir lorgner le drapeau tricolore.
La ligne bleue des Vosges sera toujours notre horizon.
Et les sourds de chez nous, s'ils sont mélancoliques,
C'est pas d'être hors d'état d'ouïr les sirènes, cré de nom de nom,
Mais de ne plus pouvoir entendre au défilé d'la clique,
Les échos du tambour, de la trompette et du clairon.
Et les muets d'chez nous, c'qui les met mal à l'aise
C'est pas d'être hors d'état d'conter fleurette, cré nom de nom,
Mais de ne plus pouvoir reprendre en chœur la Marseillaise.
Les chansons martiales sont les seules que nous entonnons.
Ce qui de nos manchots aigrit le caractère,
C'est pas d'être hors d'état d'pincer les fess's, cré nom de nom,
Mais de ne plus pouvoir faire le salut militaire.
jamais un bras d'honneur ne sera notre geste, non!
Les estropiés d'chez nous, ce qui les rend patraques,
C'est pas d'être hors d'état d'courir la gueus', cré nom de nom,
Mais de ne plus pouvoir participer à une attaque.
On rêve de Rosalie, la baïonnette, pas de Ninon.
C'qui manque aux amputés de leurs bijoux d'famille,
C'est pas d'être hors d'état d'aimer leur femm', cré nom de nom,
Mais de ne plus pouvoir sabrer les belles ennemies.
La colomb' de la paix, on l'apprête aux petits oignons.
Quant à nos trépassés, s'ils ont tous l'âme en peine,
C'est pas d'être hors d'état d'mourir d'amour, cré nom de nom,
Mais de ne plus pouvoir se faire occire à la prochaine.
Au monument aux morts, chacun rêve d'avoir son nom.
Coups d'œil, coups de cœur, colpi d'ochju, colpi di cori
Le boulevard du temps qui passe Lundi 02 Avril 2007
Mon collègue Battì Paoli, un type bien, m'a indiqué cette chanson de Brassens que je ne connaissais pas. Rien n'a vieilli dans cette chanson qui parle du vieillissement. Un coup de cœur, un coup à l'âme et beaucoup de nostalgie. Nom d'un chien, j'ai passé depuis cinq ans le demi-siècle et je me vois encore sur les barricades de Mai 68, le drapeau rouge flottant au dessus de nos têtes. Qu'elle était belle notre révolution ou plutôt qu'ils étaient magnifiques nos rêves de révolution. Je les ai égarés quelque part au fond de ma mémoire.
A peine sortis du berceau,
Nous sommes allés faire un saut
Au boulevard du temps qui passe,
En scandant notre " Ça ira "
Contre les vieux, les mous, les gras,
Confinés dans leurs idées basses.
On nous a vus, c'était hier,
Qui descendions, jeunes et fiers,
Dans une folle sarabande,
En allumant des feux de joie,
En alarmant les gros bourgeois,
En piétinant leurs plates-bandes.
Jurant de tout remettre à neuf,
De refaire quatre-vingt-neuf,
De reprendre un peu la Bastille,
Nous avons embrassé, goulus,
Leurs femmes qu'ils ne touchaient plus,
Nous avons fécondé leurs filles.
Dans la mare de leurs canards
Nous avons lancé, goguenards,
Force pavés, quelle tempête!
Nous n'avons rien laissé debout,
Flanquant leurs credos, leurs tabous
Et leurs dieux, cul par-dessus tête.
Quand sonna le " cessez-le-feu "
L'un de nous perdait ses cheveux
Et l'autre avait les tempes grises.
Nous avons constaté soudain
Que l'été de la Saint-Martin
N'est pas loin du temps des cerises.
Alors, ralentissant le pas,
On fit la route à la papa,
Car, braillant contre les ancêtres,
La troupe fraîche des cadets
Au carrefour nous attendait
Pour nous envoyer à Bicêtre.
Tous ces gâteux, ces avachis,
Ces pauvres sépulcres blanchis
Chancelant dans leur carapace,
On les a vus, c'était hier,
Qui descendaient jeunes et fiers,
Le boulevard du temps qui passe.
Coups d'œil, coups de cœur, colpi d'ochju, colpi di cori
Un magnifique malentendu Dimanche 25 Mars 2007
Un jour j'ai scanné cette photo sur un magazine et je l'ai laissée reposer quelque part sur mon ordinateur. Parfois j'y revenais pour retrouver l'émotion première qui est née à la vue de ce cliché. Je me disais qu'un matin je la mettrais sur le blog, que chacun la regarderait et y trouverait un sentiment différent du mien à cause de nos sentiers de vie incomparables.
Un ami me disait un jour que tout livre est un malentendu. L'auteur y met quelque chose, le lecteur y trouve autre chose. Le succès vient des silences du livre, de ses vides et non du trop plein égotique de l'écrivain.
Mon père, linguiste de renom à une théorie. Toute compréhension est une forme de malentendu et la vie possible vient justement de ce flou entre ce que j'entends exprimer et ce que vous entendez. C'est cette magnifique imperfection du langage, des expressions qui nous permet de rêver, de n'être pas prisonnier de l'autre mais de continuer à cultiver ses jardins secrets même dans l'ombre ou la lumière d'autrui.
L'image est mieux encore. Elle offre un champ de possibilités inouïes. Alors regardez et laissez vous envahir par l'émotion si toutefois émotion il y a.
Coups d'œil, coups de cœur, colpi d'ochju, colpi di cori
Une jeune fille, une comédienne? Un coup de cœur Dimanche 25 Février 2007
Je ne sais pas qui elle est. J'ai du récupérer cette photo sur un magazine quelconque. Elle devait être noyée au milieu d'un texte et d'autres images. Je l'ai extraite de cette jungle afin de la sublimer. Je l'ai aussitôt scanné et je l'ai archivé de façon à surtout ne pas savoir son origine. Ce qui m'intéresse dans cette démarche c'est d'être totalement détaché de la réalité. Je ne vis qu'à travers une émotion. De plus, l'émotion vient d'un instantané dont on ne sait pas très bien si il est une photo, un portrait ou une photo retouchée.
Alors qu'est-ce que j'aime dans ce portrait? Rien en particulier et pourtant chaque détail me touche directement. Les couleurs ont la force de ces murs des anciens palais de Venise ou de Palerme. Ce qui fut nouveau a été effacé par le temps et l'ancien s'est imposé. Mais, plus fort que le temps qui passe, il y a le regard de cette jeune fille, un regard qui fixe cranement l'objectif. La machoire inférieure légèrement en avant marque la volonté.
La personne est belle et cette beauté irradie.
Alors qu'est-ce que j'aime dans ce portrait? Rien en particulier et pourtant chaque détail me touche directement. Les couleurs ont la force de ces murs des anciens palais de Venise ou de Palerme. Ce qui fut nouveau a été effacé par le temps et l'ancien s'est imposé. Mais, plus fort que le temps qui passe, il y a le regard de cette jeune fille, un regard qui fixe cranement l'objectif. La machoire inférieure légèrement en avant marque la volonté.
La personne est belle et cette beauté irradie.